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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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ORDRE DU TEMPLE.

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tuo da gloriam ! » Leur cri de guerre : « A moi, beau sire! Beauséant àla rescousse! »

Une chose ne fut jamais contesllée, ceft la valeur des templiers dans lescombats. A la bataille de Tibériade, un grand nombre dentre eux res-tèrent sur le champ de bataille. Toutefois, on les accusa à plusieursreprises de trahir & de paefiser avec les infidèles au lieu de les com-battre. En 1147, le roi Amaury fit pendre douze chevaliers du Temple,pour avoir rendu aux Sarrasins le château de la Caverne, qui passait pourimprenable.

En 1199, il séleva une grande querelle entre les templiers & les hospi-taliers, au point quils en vinrent aux mains. Laffaire fut portée devant lepape Innocent III (1), qui la renvoya aux évêques dOrient; ceux-ci con-damnèrent les templiers.

Lordre fut plus heureux dans son démêlé avec le roi dArménie. En1201, ce prince sétait emparé du fort Gafton. Lannée suivante, les tem-pliers déployèrent le Beauséant , & marchèrent contre ce prince; maisbientôt une suspension darmes fut conclue, &, quoique le roi eût chassétous les chevaliers de ses États & fait saisir tous les biens quils y possé-daient, laffaire se termina à leur avantage.

A partir de cette époque, ils ne relient plus confinés en Paleftine; on lesvoit sétendre partout; déjà, en 1129, ils possèdent des établissements dansles Pays-Bas; en 1134, Alphonse I er , roi de Navarre & dAragon, infiituelordre comme héritier de ses États; mais il ne peut se rendre maître, Navec peine, que de quelques villes. Au commencement du douzièmesiècle, il possédait neuf mille domaines dans divers États, & en retiraitun revenu de cent douze millions environ. Il avait dix-sept places fortesdans le royaume de Valence. Philippe Augufte, partant pour la troisièmecroisade, confia aux templiers la garde de ses trésors & de ses archives.Ils avaient aussi en dépôt dans leur maison de Londres la plus grandepartie des biens des rois dAngleterre.

(1) Voir dans Wilcke, II, 23 g, la lettre pleine de reproches que leur adresse lepape. Déjà Alexandre III, au concile de Latran (117g), avait blâmé sévèrement labus

quils faisaient de leurs privilèges : « Quod fratres Templi & Hospitales . indulla

sibi ah apostolicâ sede excedentes privillegia milita prœsumant contra cpiscopalcmauâoritatcm quœ & scandalnm générant in populo Dei & grave pariant perieuhnnanimarum. »