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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

revenus. Us faisaient, sur une grande échelle, des affaires de banque, 8;prêtèrent cinq cent mille francs à Philippe le Bel, pour payer la dot desa sœur. Une grande quantité de personnes des deux sexes saffiliaient àlordre, soit en qualité de donateurs, soit en qualité d 'oblats (i). Onappelait ainsi autrefois des religieux qui, en embrassant la vie monaftique,abandonnaient à la communauté leurs biens & les héritages qui devaientleur revenir, tandis que leurs parents ne pouvaient hériter deux. Pardes affiliés de cette sorte, lordre arriva promptement à la dominationsur toutes les classes de la société. Les templiers furent véritablement lesjésuites du moyen âge.

On nétait soumis à aucun noviciat pour entrer dans lordre. Le grandmaître était le chef suprême, & commandait au nom de Dieu. Il avaitrang de prince. Les grands prieurs, puis les baillis 8c les prieurs ou com-mandeurs adminiflraient les provinces. Le sénéchal suppléait au besoin legrand maître ; le maréchal commandait aux chefs darmée ; le maître-trésorier dirigeait toutes les finances de lordre; le drapier présidait à laconfection des vêtements; le turcopolier commandait la cavalerie légère.Malgré le despotisme de fait du grand maître, dès la fin du douzième siècle laconflitution des templiers était, en droit, ariftocratique. Lautorité suprêmeôtait dévolue au chapitre général de / ordre, composé de tous les chefs &de quelques chevaliers. En temps ordinaire, le chapitre était suppléé parle chapitre de Jérusalem. Daprès les errements du syftème féodal, chaquegrande maison, dont les maisons moins importantes étaient vassales, avaitun chapitre particulier.

Tous les chevaliers portaient une ceinture de fil de lin, en signe de chas-teté; les ecclésiaffiques avaient un vêtement blanc, & les servants un vête-ment noir ou gris. Chaque chevalier portait sur son armure un manteaude toile de lin blanche, orné de la croix rouge à huit pointes. Ils étaientguidés au combat par un étendard mi-parti blanc & noir, appelé Beau-séant ( 2 ). Leur devise était : u JShon nobis, Domine, non nobis, sed nomini

(1) Dans la Champagne, les Chevaliers & leurs servants se livrèrent non-seulementaux travaux d agriculture, mais à lexploitation des minerais de fer des régions desgrès verts, entre Vendeuvre & Piney, peut-être aussi dans la contrée dOthe (Th. Bou-tiot, Les Templiers dans la Champagne méridionale. Troyes, 1866; in-8°.)

(2) Cela signifiait, dit-on, quils étaient blancs & bons pour les amis du Chrift,mais noirs & terribles pour ses ennemis.