ORDRE DU TEMPLE.
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« L’orgueil du Temple, dit M. Michelet, pouvait laisser dans ces formesune équivoque impie. Le récipiendaire pouvait croire qu’au delà du chriftia-nisme vulgaire, l’ordre allait lui révéler une religion plus haute, lui ouvrirun sanctuaire derrière le sanctuaire. Ce nom de Temple n’était pas sacrépour les seuls chrétiens. S’il exprimait pour eux le Saint-Sépulcre, il rappe-lait aux Juifs, aux Musulmans, le Temple de Salomon. L’idée du Temple,plus haute & plus générale que celle meme de l’Eglise, planait en quelquesorte par-dessus toute religion. L’Église datait, & le Temple ne datait pas.Même après la ruine des templiers, le Temple subsifte, au moins commetradition, dans les enseignements d’une foule de sociétés secrètes, jusqu’auxrose-croix, jusqu’aux francs-maçons. L’Église elf la maison du Chrift, leTemple, celle du Saint-Esprit. Les gnoftiques prenaient pour leur grandefcte, non pas Noël ou Pâques, mais la Pentecôte, le jour où l’Esprit descen-dit. Jusqu’à quel point ces vieilles sectes subsiftaient-elles au moyen âge?...Les templiers y furent-ils affiliés?,.. De telles queftions, malgré les ingé-nieuses conjectures des modernes, relieront toujours obscures, dans l’in-suffisance des monuments. »
Quoi qu’il en puisse être, l’hiftoire simple, & dépouillée de tout vainornement, nous fait voir, en l’an 1118, neuf chevaliers, compagnons deGodefroy de Bouillon, se consacrant à la défense du chriftianisme & dela terre sainte, & prononçant les trois vœux de chafteté, de pauvreté &d’obéissance.
Ces neuf chevaliers étaient :
i° Hugues de Payens ou de Payns, de la famille des comtes de Cham-pagne, & peut-être frère du comte Thibault II;
2° Godefroy de Saint-Omer;
3° André de Montbard ;
4° Gundomar ou Gondemare;
5° Godefroid;
G 0 Roral, ou. Rolland ou Rossai ;
7° Geoffroy Risol ;
8° Payen de Montdésir ou de Mondidier ;
9° Archambaud de Saint-Aignan, ou Saint-Anian ou Saint-Amand.
Le Jeune ne parle pas de Godefroid (le cinquième chevalier), N donnepour le neuvième Hugues de Champagne.