Druckschrift 
Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
Entstehung
Seite
104
Einzelbild herunterladen
 

io4

HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

du choix. Pour plus de clarté, nous diviserons notre travail en cinqparties :

i° Origine de lordre du Temple;

2° Grandeur de l'ordre du Temple ;

3° Procès, condamnation, suppression, supplices ;

4° Lordre du Temple depuis sa suppression; les templiers modernes;5° Conclusion.

§ I. Origine de lordre du Temple.

De tout temps il y a eu dans le monde des sociétés secrètes. La Chine ena été, dès la plus haute antiquité, abondamment pourvue. Les myftères deSamothrace, ceux dEleusis, les inftituts Pythagoriques de Thrace, de Dacie& dItalie sont célèbres. La franc-maçonnerie fait remonter ses plus an-ciennes traditions à lépoque de la conftruction du Temple de Salomon.

Quelques auteurs, amoureux de la fidion & du merveilleux, ont prétendurattacher lordre du Temple à lantique inftitution des myftères dEleusis.Dautres nont pas craint de lidentifier avec la franc-maçonnerie. Celle-ci,disent-ils sérieusement, fut introduite à Rome par Numa Pompilius, à Cro-tone par Pythagore, à Jérusalem par Moïse & Salomon, & adoptée autemps des croisades par les templiers.

Une chose a pu égarer certains hiftoriens, peu judicieux dailleurs, & leschevaliers de lordre eux-mêmes, sur les rapports imaginaires de cette infti-tution avec lédifice de Salomon, ce sont les noms de Temple et deTempliers .

Le roi Baudoin II, de Jérusalem, ayant donné à lordre naissant une par-tie de son palais, situé tout près de léglise du Saint-Sépulcre, & quonappelait le Temple , parce quon supposait quil avait été élevé sur lempla-cement même du Temple de Salomon, les moines-guerriers (i) reçurenttout naturellement le nom de Templiers, & leurs maisons dordre prirentpartout celui de Temples, spécialement à Paris. Mais ce nom et les céré-monies symboliques sur lesquelles nous aurons à nous étendre, & dont laréception dun chevalier était accompagnée, présentaient un danger.

(i) Ils ne soccupaient en rien dhôpitaux comme le faisaient les Hospitaliers, aveclesquels dailleurs ils avaient plus dune ressemblance.