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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
Saint-Maurice, & en avait donné la grande maîtrise à Emmanuel-Philibert,duc de Savoie, & à tous ses successeurs. Il n’y en eut pas moins, en France,une série de grands maîtres tout à fait indépendants de la Savoie, & dont lesderniers furent le duc de Berry, depuis Louis XVI, & Monsieur, depuisLouis XVIII. Deux règlements importants furent faits par ces deux grandsmaîtres.
En vertu du premier règlement, en date du 3i décembre 1778, il fallait,pour être reçu dans l’ordre, prouver par titres originaux huit degrés de no-blesse paternelle & maternelle, non compris le récipiendaire, sans anoblis-sement connu, & établir qu’on était au service adtif du roi, au moins avecle grade de capitaine, dans les troupes de terre, ou d’enseigne de vaisseau,ou de miniftre près d’une cour étrangère. Les commandeurs ecclésiaftiquesdevaient prouver qu'ils étaient de noblesse militaire, & que leur père avaitservi vingt ans, ou qu’il avait été tué sous les drapeaux.
Il y avait deux classes de chevaliers : la première composée de comman-deurs ecclésiaftiques, de miniftres du roi dans les cours étrangères, de colo-nels & de capitaines de vaisseau; la seconde, de ceux qui avaient desgrades inférieurs. La décoration était d’or à huit pointes, émaillée depourpre & de vert alternativement, bordée d’or, anglée de quatre fleurs delis d'or, ayant au centre, d’un côté, l’image de la Vierge dans une gloired’or, & de l’autre, la résurrecfbn de Lazare. Elle était suspendue au coupar un large ruban vert. La plaque en paillons d’or vert entourés de pail-lettes d’or pour les chevaliers de la première classe, & en soie verte pourceux de la seconde, était brodée sur le côté gauche de l’habit.
Il était permis à tous les chevaliers de faire peindre ou graver leurécusson, accolé sur une grande croix à huit pointes, pourpre & verte,qu’entourait le collier de l’ordre, chaîne en perles d’argent, où le doublechiffre S. L. et S. M. alternait à des diftances égales avec de doublespalmes vertes en sautoir; le chiffre S. L. soutenait la croix de l’ordre.
Par le second règlement, en date du 21 janvier 1779, l’ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel était attaché aux élèves de l’école militaire, donttrois par an étaient admis dans l’ordre. Monsieur les choisissait parmi lessujets les plus aptes à entrer au service. Us avaient une pension de centlivres sur le trésor de l’ordre, outre celle de deux cents livres qu’ils rece-vaient de l’école. Ils perdaient cette pension s’ils quittaient le service. Quandl’un d’eux se diftinguait par une aétion d’éclat certifiée par le général & leminiftre de la guerre, il était reçu, sans autre preuve, dans l’ordre de Saint-