ORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM ET DE RHODES. 8l
« Monarchique, ayant à sa tète un chef inamovible, inverti des droitsde la souveraineté sur les sujets de bile de Malte & de ses dépendances.
« Ariflocratique, en ce que les seuls chevaliers partageaient avec legrand maître le pouvoir législatif & exécutif, les trois classes cie l’ordrechoisissant leurs chefs dans leur sein, & ceux-ci concourant avec les grandsmaîtres, dans les chapitres généraux, à la confection & à l’exécution deslois, ce qui a fait considérer aussi le gouvernement de l’ordre commerépublicain par certains hiftoriens. »
Le pouvoir législatif appartenait au chapitre général. Lorsqu’il étaitassemblé, l’étendard de la religion (i) était enlevé du palais du grandmaître pour être placé sur celui où le chapitre général tenait ses séances.
Le pouvoir exécutif était déféré aux conseils complets ou ordinaires,où le grand maître n’avait que l’initiative & deux voix, & la prépondéranceen cas de partage égal des suffrages. Il en était de même dans le conseilsecret & le conseil criminel.
Malgré le vœu d’obéissance, tout chevalier qui jugeait ce qu’on luiordonnait contraire aux ftatuts en appelait au tribunal de l’Égard &attendait, avant d’obéir, la décision de ce tribunal.
Le pape avait un inquisiteur dans l’île & pouvait annuler les chapitresgénéraux.
La vénérable chambre dit trésor s’occupait des finances de l’ordre &fonctionnait sous la présidence du grand commandeur.
Le grand maître avait, du consentement de tous les gouvernements, lecaraétère d’un souverain. Ses ambassadeurs avaient leur place marquée.Tous les pavillons rendaient des honneurs au sien, qui n’en devait à aucun.On accordait au grand maître de l’ordre de Malte les titres d 'Excellen-tissime, d’ Éminentissime & d 'Altesse éminentissime.
Pour éviter les brigues, les membres des différentes langues devaient seréunir trois jours après la mort du grand maître pour l’élection dusuccesseur, & cette élection était faite par seize chevaliers, nomméseux-mêmes par une élection à trois degrés.
Le grand maître se donnait pour second un lieutenant du magiftére. 11avait une maison princière, composée d’un grand maréchal du palais, d’un
(i) On donnait le nom de religion à l’ordre de Malte.