ORDRE DE SAINT-JEAN DE JERUSALEM ET DE RHODES.
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française négligea de faire exécuter cette condition du traité, & plus tard, àla suite de nouvelles complications, l’Angleterre refusa de la remplir. Onvit alors un singulier spectacle, deux grands dignitaires refuser la grandemaîtrise par la crainte des rapports difficiles avec la France & l’Angleterre.Le pape trouva enfin, pour accepter cette charge, Jean de Thomasi; ce futle dernier grand maître de l’ordre de Malte, qui n’eut plus, à partir dei8o5, que des lieutenants du magijière , dont Guevara Suardo fut lepremier.
Le congrès de Vienne n’avait tenu aucun compte des réclamations del’ordre, devenu inutile; en 1825, un article très-bien fait du Pilote (1)demandait qu’on établît l’ordre à Napoli de Romanie, capitale de l’ancienbailliage de Romanie, qui avait autrefois appartenu à l’ordre, pour chasserle pacha d’Egypte de la Morée & aider les Grecs dans leur guerre d’indé-pendance, avec mission d’achever cette guerre (2).
Le sacré conseil de l’ordre était établi à Catane. En 1827, il fut transféréà Ferrare, & à Rome en t 83 i.
L’influence du prince de Metternich, très-bienveillant pour l’ordre deMalte, fit créer par le gouvernement autrichien, en 1 83g, un prieurélombardo-vénitien, qui comprenait les possessions italiennes de l’Autriche& les duchés de Parme & de Modène, ainsi que le royaume de Sardaigne.O 11 crut un inftant à une résurrection, & beaucoup de nobles de ces Étatsbriguèrent la croix de l’ordre, qu’on voulait établir dans l’île de Pouza,avec la permission de la cour de Naples. A la même époque, le duc deBroglie proposait de confier exclusivement aux chevaliers de Malte le droitde visite , que la queflion de la traite des nègres avait soulevé. « C’était, dittrès-bien M. Elizé de Montagnac (3), le dernier hiftorien de cet ordre,encore un beau rôle, après avoir lutté pendant plusieurs siècles contre labarbarie antichrétienne, de lutter contre la barbarie esclavagifle. « L’ordreétait cosmopolite, neutre par conséquent, & il semblait que cette combi-naison dût être acceptée par tout le monde. Malheureusement l’opposition
(1) Le Pilote , journal politique & militaire (21 septembre).
(2) L’auteur de cet article, le colonel marquis d’Espinay Saint-Denis, faute demieux, demandait au moins l’île de Candie.
( 3 ) Elizé de Montagnac, Hijloire des Chevaliers hospitaliers de Saint-Jean deJérusalem. Paris, 1 863 * in-12.