HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
pourront rentrer dans leur patrie, & leur résidence à Malte leur seracomptée comme une résidence en France.
Art. IV & V. La République fera une pension de sept cents francs auxchevaliers français, actuellement à Malte, leur vie durant. Cette pensionsera de mille francs pour les chevaliers sexagénaires & au-dessus. LaRépublique emploiera ses bons offices auprès des républiques cisalpine,ligurienne & helvétique, pour obtenir la meme pension à leurs nationaux.— Elle emploiera aussi ses bons offices auprès des autres puissances del’Europe, pour qu’elles conservent aux chevaliers de leur nation l’exercicede leurs droits sur les biens de l’ordre de Malte situés dans leurs États.
Art. VI. Les chevaliers conserveront les propriétés qu’ils possèdent dansles îles de Malte & de Gozzo, à titre de propriétés particulières.
On sait que Caffarelli, en parcourant Malte, dont il admirait les fortifica-tions, dit : « Nous sommes bien heureux qu’il y ait eu quelqu’un dans laplace pour nous en ouvrir les portes (i). »
Ferdinand de Hompesch mourut à Montpellier dans la misère, en i8o5.Dès 1799, il avait abdiqué sur l’injonction de la cour de Vienne. En 1800,les Anglais s’étaient emparés de l’île & la gardèrent malgré les ffipulationsdu traité d’Amiens.
Les chevaliers se réunirent au grand prieuré de Russie, &'l’empereurPaul I er se fit élire grand maître (16 décembre 1798); Napoléon lui avaitdéjà précédemment envoyé l’épée que la Valette avait reçue après sonhéroïque résiftance, comme un gage de l’admiration de l’Europe. L’éledionde Paul I er souleva une vive opposition par suite de la différence dereligion. Le pape refusa longtemps de Invalider; la Bavière, pour évitertout démêlé avec la Russie, supprima dans ses États l’ordre & s’empara deses biens, conduite habile, mais peu honorable, imitée néanmoins par laplus grande partie des pays où l’ordre possédait des propriétés. La Prusse,en 1812, le remplaça par l'ordre prussien de Saint-Jean de Jérusalem,simple décoration en faveur de la haute noblesse.
Après la mort de Paul I er , Alexandre I er , son fils, renonça à la grandemaîtrise. Un inflant on crut, après le traité d’Amiens, que l’ordre de Malteserait rétabli N que les Anglais évacueraient l’île; mais la chancellerie
(1) Le récit de la prise de Malte eft écrit avec les plus grands détails dans lesMonuments de M. de Villeneuve-Bargemont, t. II, p. 281 & suivantes.