ORDRE DE SAINT-JEAN DE JÉRUSALEM ET DE RHODES. 77
Henri III, envoya deux ambassadeurs extraordinaires, l’un à Rome &l’autre à Malte, pour faire rétablir les choses dans l’ordre légal, menaçantmême de séparer les trois langues de France du refte de l’ordre, & de lesétablir en Provence, si juflice n’était pas rendue à la Cassière.
Ces démonflrations significatives firent triompher la cause du grandmaître indignement révoqué, mais la mort le surprit lorsqu’il allait retournerà Malte (21 décembre 1581 ). Son corps lut reporté dans l’île, mais soncœur refta dans l’église Saint-Louis de Rome.
A ces divisions intelfines de l’ordre, ajoutez que les Turcs, tenus enrespeCt par la puissance croissante des nations occidentales, étaient moinsagressifs & ne ffimulaient plus la valeur des hospitaliers. Aussi, & ducôté religieux 8c du côté militaire, l’ordre tendait à devenir sans objet.N’oublions pas non plus que la perte d’immenses domaines en Angleterre,dans les Pays-Bas, en Danemark, en Norvège & en Suède, à l’époque dela réforme, avait singulièrement diminué ses ressources & sa puissance.
Le 3o juillet 1791, un décret de l’Assemblée conftituante priva de laqualité & des droits de citoyen tout Français affilié à un ordre de Cheva-lerie fondé sur des diflinétions de naissance.
Le 19 septembre 1792, un décret de l’Assemblée législative ordonna lamise en vente des biens de l’ordre de Malte, considéré alors comme unepuissance étrangère, & bientôt, par sa conduite dans la Bretagne, la Vendée& à Quiberon, comme un ennemi.
Enfin, en 1798, le général Bonaparte, passant devant Malte pour serendre en Égypte, assiégea l’île, & après une résiftance si faible qu’elleressemblait à une insigne trahison, il en devint maître en vertu de la capi-tulation du 24 prairial an VI (12 juin 1798), signée par le grand maître,Ferdinand de Hompesch.
En voici les principales conditions :
Art. I er . Les chevaliers remettront à l’armée française la ville 8c les fortsde Malte, 8c renoncent, en faveur de la République française, aux droitsde souveraineté 8c de propriété sur Malte, Gozzo 8c Comino.
Art. 11. La République française emploiera son influence, au congrès deRafladt, pour faire avoir au grand maître, sa vie durant, une principautééquivalente à celle qu’il perd, 8c, en attendant, elle s’engage à lui faire unepension annuelle de trois cent mille francs.
Art. III. I œs chevaliers qui sont Français, actuellement à Malte,