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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
chrétienté : les guerriers enrôlés sous l’étendard de la croix reçoivent dupape des privilèges qui les affranchissent de toute autre dépendance que decelle de l’Eglise; les ordres militaires religieux perpétuent la croisade, cesont des milices papales, une armée ecclésiaftique permanente. Ces cheva-liers n’ont pas de patrie particulière dont les intérêts nationaux puissentbalancer leur attachement aux intérêts du pape; vivant sur les champs debataille de l’Orient ou dans les propriétés des ordres disséminées en Europe,ils n’ont d’autre famille que leurs frères, & la patrie à laquelle ils sedévouent eft Rome. Tels sont les chevaliers du Saint-Sépulcre , lesHospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, de Saint-Lazare, les Tem-pliers, etc. A cette classe il faut encore rattacher les ordres qui ont pourbut les croisades intérieures contre les hérétiques, comme Y ordre de laMilice de Jésus-Chrift , les Porte-Croix ou ordre de Sainte-Croix, etc. —Une contradiction assez singulière se rencontre très-fréquemment danstous ces ordres qui semblent avoir pris l’Évangile pour code : ils oublientl’égalité devant Dieu que prêche ce beau livre & exigent des preuves denoblesse exagérée de tous leurs membres.
La deftruction des Templiers porte le coup mortel à cette organisation;c’eft du refie le commencement de la décadence subie par le pouvoirtemporel des papes, sur laquelle s’élève dans chaque royaume le pouvoirroyal ou monarchique.
3° Alors apparaît la troisième classe des ordres de Chevalerie, les ordresroyaux & îiobiliaires . C’eff souvent dans la main des rois une sorte demonnaie honorifique ou un inftrument de politique pour lutter contre leursvassaux ou contre les souverains voisins; dans cette classe rentrent Yordrede l’Etoile ou de la Noble Maison, sous Jean II, opposé à Yordre de laJarretière, en Angleterre; Yordre de Saint-Michel, contre Yordre de laToison de Bourgogne ; celui du Saint-Esprit, créé en face de la Ligue.Comme dans la période précédente, on exige des titulaires des titres denoblesse & des preuves de religion, qui en éloigneront un Labert, unCatinat, un Turenne, un Duquesne!...
Mais peu à peu la société s’organise, & on arrive à comprendre que lesprières du clergé & le sang de la noblesse ne pourraient suffire pour tousles besoins de l’État, & que la bourgeoisie, outre son argent, donne aussiun concours moral précieux & verse elle-même à flots son sang sur leschamps de bataille; que trois ou quatre cent mille soldats ne sont rienauprès des millions de citoyens qui composent un peuple. Il faut donc