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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

Telles furent les principales lois de cette inllitution, qui, durant le coursde son exiftence, rendit de bien précieux services à lÉtat & à lhumanité,à une époque de violence elle avait sa raison dexiffer. Plusieurs causesconcoururent à amener sa décadence; ce furent dabord les revers quelleéprouva contre les Anglais, à Crécy, à Poitiers, & enfin à cette funefte batailledAzincourt, véritable tombeau de la Chevalerie; puis la création parCharles VII, sous le nom de gens d'armes , des compagnies dordonnance,corps de milice à la solde de lÉtat, nayant plus les mêmes règles que leschevaliers; &, plus que cela encore, linvention de la poudre à canon :lartillerie & larquebuse changèrent entièrement le syflème militaire jus-qualors adopté.

Il eft impossible aussi de ne pas énumérer, parmi les causes qui ame-nèrent la ruine de la Chevalerie, le long éclat de rire des trois rieurs immor-tels, Ariofte, Cervantès & Rabelais, dans Roland furieux , Don Quichotte &Gargantua. La Chevalerie, quils nattaquaient pas directement, se ressentitprofondément de leurs railleries spirituelles sur la littérature chevaleresque.

Sur ces entrefaites., François 1 er décora de lépée de chevalier des hommescélèbres par la connaissance des lois, des sciences ou des lettres. Faire ba-cheliers ès armes ces bacheliers ès lettres & ès jurisprudence, cétait, de lapart du monarque quon appelle à tort le roi-chevalier, ébranler sans sendouter, tout lédifice des inftitutions chevaleresques. Les chevaliers mili-taires, très-fiers de leur ascendance, furent extrêmement humiliés devoir leurs services ou leurs talents comparés à ceux des magiftrats & dessavants; ils préférèrent, dès lors, laisser déchoir la dignité de cheva-lier plutôt que den partager lhonneur avec les chevaliers ès lois & leschevaliers ès lettres.

On ne trouve donc plus, depuis ce règne, que des exemples très-rares decréations de chevaliers. Le funefte accident qui fit périr Henri II mit fin àlexiftence des tournois. Avec eux & avec les carrousels, dont le der-nier (1662) donna son nom à une des plus belles places de Paris, dispa-rurent toutes les anciennes inftitutions chevaleresques (1).

(1) Le livre récent qui développe le mieux ce chapitre que nous navons pu ques-^quisser eft YHiJloire de la Chevalerie en France, par J. Libert. Paris, 1 856 ; in-12»