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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
mœurs irréprochables. « Ce qui veut entrer dans un ordre, dit le roi Péliondans le roman de Perceforejl, soit en religion, soit en mariage ou enChevalerie, ou en quelque eftat que ce soit, il doit, premièrement, son cœur& sa conscience nettoyer & purger de tous vices & remplir & armer detoutes vertus, & en charger grant voulenté de faire & accomplir tout ceque Tordre enseigne à faire (i). » Antoine de la Salle, dans son livre inti-tulé la Salade , dit encore : « L’écuyer, quand il a bien voyagé & a estéen plusieurs faidts d’armes dont il en eft failly à honneur, & qu’il a bien dequoi maintenir l’eflat de Chevalerie, car aultrement ne lui eft honneur &vault mieux être bon escuyer que ung poure chevalier (2). »
L’on ne pouvait être armé chevalier avant Tâge de vingt & un ansaccomplis, mais cette règle n’était point invariable; & l’on vit des princes,des écuyers même qui s’étaient diftingués par des aétions d’éclat, recevoirles insignes de la Chevalerie avant l’âge fixé par les lois.
Les cérémonies qui se pratiquaient à la réception d’un chevalier tenaientà la fois de celles de Tinveffiture & de celles qu’employait l’Église; lespanégyriltes de la Chevalerie parlent de ces engagements comme de ceuxde l’ordre monaffique & les mettent au même niveau. On pourrait,disent-ils, dilfinguer plusieurs traits de ressemblance : i° Le rapport desnoms ou qualifications, 2 0 celui des habillements, 3° la conformité de cer-tains privilèges, 4 0 celle de leurs devoirs ou obligations.
C’était par des prières, des jeûnes auftères, par la réception des sacre-ments & par des ablutions réitérées qui figuraient la pureté nécessaire aucorps & à l’âme, que l’écuyer se préparait à recevoir Tordre de la Cheva-lerie. Ces préliminaires remplis, le novice, revêtu d’habits blancs en signede pureté, recevait la communion; puis, agenouillé devant l’autel, « levantà Dieu ses yeux corporels & spirituels & ses mains au ciel, le chevalier(chargé de le recevoir) lui doit ceindre l’épée en signifiance de chafteté &de juffice & en signifiance de charité, » alors, baisant le nouvel élu, « luidonnait une paulmée, afin qu’il soit souvenant de ce qu’il promet & de lagrande charge à quoi il eft obligé, & du grand honneur qu’il reçoit & prendpar Tordre de la Chevalerie. »
C’était au nom de saint Georges ou d’un autre saint (3) que Ton
(1) Perceforeft, vol. II, ch. xlii, fol. 147.
(2) Antoine de la Salle.
( 3 ) Saintré, prêt à combattre les infidèles en Brandebourg, pria le roi de Bohême