« Au temps présent on dit escuyers« Gomme portans escus, bannières, targes,
« Et comme eftans des princes familliers« Pour les servir en actes singuliers.
« .
« Nobles disons gens nouveaux ennobliz« Qui d’escuïer n’ont les faitz accomplis (i). »
Les écuyers étaient divisés en plusieurs classes, suivant les emplois qu’ilsremplissaient.
i° L 'écuyer d’honneur, qu’on appelait aussi Yécuyer du corps, attachéspécialement au chevalier, dont il portait la bannière ou l’écu dans lescombats. Pendant les longues marches, il précédait partout son maître,monté sur un roussin.
cc Le chevalier erra pensant« Et Huet chevaucha avant« Sur son roucin grant aleure (2). »
2° U écuyer de la chambre ou chambellan , chargé de garder la vaisselled’or & d’argent deltinée au service de la table.
3° Vécuyer tranchant , chargé de découper les viandes & de les fairediftribuer aux convives.
4 0 \décuyer d’écurie, s’occupant des chevaux de guerre ou de chasse &des équipements.
5° L "écuyer d’échansonnerie, qui versait les vins dont il avait la garde.
6° L ''écuyer de paneterie, chargé des pains & des pâtisseries.
Les chevaliers avaient aussi, & le plus souvent, plusieurs écuyers atta-chés spécialement à leur service. « Si voit venir monseigneur Gauvain &deux écuyers, dont l’ung menoit son deftrier en deflre & portoit son glaive,& l’autre son heaume, l’autre son escu. »
Lorsque l’écuyer avait acquis la souplesse & la force nécessaires & qu’ilsavait résilier aux fatigues des combats, il prouvait être admis aux honneursde la Chevalerie; mais, pour mériter ce titre éminent, ce n’était pas assezqu’il eût signalé sa bravoure & son adresse, il fallait aussi qu’il fût de
(1) Boucher, Triomphe de François T*.
(2) Fabliaux, Mss. Biblioth. impériale, 7615, fol. 209.