ORDRE ÉQUESTRE A ROME.
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second ordre, savoir : le tribunat de la légion, les préfectures de cava-lerie (0; &, pour multiplier les emplois, il fit deux commandements parescadron. Claude enchérit encore sur les dispositions d'Augufte en faveurdes jeunes nobles : il décida qu’ils commenceraient par un comman-dement de cohorte d’auxiliaires, puis qu’ils passeraient à un comman-dement de cavalerie, & ensuite au grade de tribun légionnaire; enfin ilcréa des officiers surnuméraires, titulaires sans fondions, bénéficiaires sansservices (2). C’était ce qu’on appelait les milices êqueftres, l’apprentissagedes jeunes chevaliers.
Le titre de chevalier romain ne se voit presque jamais écrit dans leslégendes lapidaires des magiflrats de l’empire; il eft toujours implicitementindiqué dans le nom d’un des officiers du vigintivirat, ou l’un des gradesmilitaires; début obligé de tout grand fondionnaire public, il n’y a que letitre de commandant d’un des six escadrons ( turmœ ) qui soit mentionnéexpressément dans la lifte des honneurs (3). Si l’on rencontre, dans uneinscription, un nom accompagné de la qualité de chevalier romain, ce seracelui de quelque vétéran récompensé, qui, n’aspirant pas plus haut, portaitson titre comme une décoration alors qu’il s’était retiré dans le repos de lavie civile. Ce sera encore celui de quelque personnage considérable de citémunicipale, heureux d’ajouter à ses dignités locales le titre de chevalier dela cité souveraine.
L’Ordre équeftre, même dans les six escadrons, n’avait rien de militaireque le coftume, les cérémonies & les souvenirs qui s’étaient perpétués àtravers les transformations si diverses subies depuis la grande époque répu-blicaine de Rome jusqu’à la décadence de l’empire des Césars.
Dans les six escadrons de chevaliers se réunissait l’élite de la jeunesseromaine; la génération qui s’élevait pour succéder aux magiftrats, auxgénéraux, aux sénateurs formait une sorte de noblesse de chevalerie,ariffocratique par les privilèges & l’hérédité (4), démocratique parl’immixtion incessante des plébéiens enrichis.
(1) Suétone, Aug., 38 , Præfeâuras alarum.
(2) Imaginariœ militiœ genus , quod vocatur supra numerum. Suétone, Cland. 25 .
( 3 ) Splendidi, illujlres équités, equejîris ordinis décora.
(4) « Pour résoudre ces queftions (philosophiques), on ne prend pas de juges parmiceux que l’hérédité équeftre a fait inscrire sur le tableau. » (Sénèque, De Bene , III, 7.)
La noblesse équeftre était transmissible aux femmes comme la noblesse sénatoriale.