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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
L’armée fournissait aussi son contingent à l’Ordre équeflre (i). Descitoyens obscurs qui obtenaient de l’avancement par leur bonne conduite& leur bravoure étaient promus au grade de centurion; outre les déco-rations qu’on leur diflribuait, ils pouvaient prétendre à l’anneau d’or ( 2 ).Le vétéran qui s’était couvert de gloire finissait sa carrière au point où lesfils de famille bavaient commencée, avec cette différence que, si les cen-turions chevaliers qui obtenaient cet anneau d’or étaient plébéiens, ils res-taient plébéiens (3). Néanmoins ils ne faisaient pas moins partie de cetordre, puissant par ses prérogatives dont il était jaloux, & marchantpresque de front pour la puissance avec le sénat, auquel, du relie, il faisaitquelque opposition : opposition dont les empereurs surent toujours tirerparti, & qu’ils entretinrent conftamment en créant une foule de chevaliersqui balançaient les opinions politiques du premier corps de l’État, parleur adhésion à la marche du gouvernement.
Cependant l’Ordre équeftre, dans lequel, comme nous l’avons dit, onmettait un peu de tout, était séparé du peuple romain par une ligne dedémarcation trè.s-profondément tracée; la plèbe, c’était une foule sansnom qui avait créé Rome & l’empire, c’était l’inflrument dont on s’étaitservi pour élever l’édifice.
Le monument debout, on oubliait les ouvriers qui l’avaient édifié. C’eflencore aujourd’hui un peu l’hifloire de nos grandes nations européennes.
RÉCOMPENSES HONORIFIQUES CHEZ LES ROMAINS.
Il faut regarder les décorations comme l’un des secrets de la grandeurromaine.
Les iemmes pouvaient obtenir les droits de l’anneau d’or; elles pouvaient aussi obte-nir le droit d’ingénuité & être rendues à leur condition natale.
(1) On alla même jusqu’à créer des chevaliers parmi les affranchis.
(2) Septime Sévère, ce savant maître du despotisme, l’un des grands corrupteurs dela discipline militaire, donne l’anneau d’or aux simples soldats (Dion Cassius).
( 3 ) Ulpien disait dans une de ses sentences : « ftout ce qui n’eft pas sénateur eftpeuple. » Ce langage eft loin d’être erroné; il faut seulement s’entendre. Les cheva-liers étaient plébéiens s ils ne sortaient point des maisons patriciennes ou s’ils n’arri-vaient pas au sénat. Et cependant les chevaliers n’étaient point du peuple, puisqueles quatre cent mille sefterces les tiraient de la foule.