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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.

siècles plus tard, quand il comparera la chevalerie des temps passes à cellede lépoque il vivait (i).

Sur plusieurs points, la Chevalerie impériale (chevaliers equo publico)rappelle, avec plus de cupidité, la décadence de nos inflitutions chevale-resques dans une époque plus moderne. Elle avait même donné despreuves frappantes de cette cupidité sous la fin de la république. « Cicéron(à loccasion de la candidature de César comme consul) exprimait à Atticusla nécessité dacheter le concours des chevaliers : « Mais, me direz-vous,« nous naurons les chevaliers pour nous quà prix dargent?... Quy« faire?... Avons-nous le choix des moyens (2)?... »

La condition essentielle pour faire partie de lordre équeftre sousAugufte, ce fut largent; largent y donnait plein droit dadmission. « Quilte manque six ou sept mille seflerces (3) sur les quatre cent mille, dit lepoète, & tu seras peuple (4). » Martial disait à peu près de même : « Tu aslesprit, le savoir, le cœur & la naissance dun chevalier, mais tu es peupledu reffe (5). »

Au milieu de cette confusion, un certain respeéf, que le temps ni lesdécrets impériaux ne pouvaient détruire, entourait lantique Chevalerie.Augufte pouvait exiler les débris dun parti qui avait laissé de grands sou-venirs à Rome, & ceft ce quil fit pour Ovide, mais avec des motifs, il eftvrai, qui paraissent étrangers à la politique; néanmoins il ne put empêcher,à la mort du poète, quon fît remarquer, dans une épitaphe à sa gloire,quil était chevalier (6).

Toute main ornée de lanneau dor navait pas droit ou chance dat-teindre aux honneurs. Il y avait une grande différence entre les par-venus de finance ou de vils métiers, & les jeunes aspirants aux dignitésou les hommes dâge mûr issus de grandes maisons, & contents dela haute position que leur faisaient leur opulence & leur crédit. Ces

(1) Voyez Ordre du Croissant.

(2) Napoléon III, Hijioire de César, liv. II, ch. iv.

( 3 ) Sefterce, monnaie romaine valant o fr. 20 c.

(4) Horace, epift. I, 58 , Plebs eris.

( 5 ) Martial, Epig. V, 27, 38 ; IV, 67; VII, 57.

(6) Ovide se vantait de ne devoir quà ses aïeux & non à lui-même son titre dechevalier.

Trijles, IV, 10, 7. Ordinis Itérés, non fortunes munere eques.