CHEVALERIE SOUS LES EMPEREURS.
2 3
dans les champs de Pharsale & de Philippes, aux mains des Césars, leschevaliers avaient conservé d’énormes privilèges. Ainsi, quand ils voulaientrefier dans leur condition & ne point courir la carrière des honneurs quimenaient au sénat, ils échappaient à toute poursuite criminelle, à touteresponsabilité légale & demeuraient impunissables. Cicéron, dans le procèsintenté à Posthumus, dit en s’adressant aux juges : « En vertu de quelle loiavez-vous rendu votre jugement? Quel eh le prévenu? Un chevalier romain,& cet ordre n’eft pas atteint par la loi (i). »
LA CHEVALERIE SOUS LES EMPEREURS.
Les chevaliers avaient été dans le principe une élite de citoyens deftinésau service de la cavalerie, en considération de leur fortune & de leur âge.Depuis la révolution des Gracques, ils formèrent un parti uni par lasolidarité des intérêts, à titre de juges & de publicains. Les empereurs enfirent définitivement un corps conflitué qui devint le premier degré del’ariffocratie impériale.
C’était une noblesse d’expeélative, comme disait Alexandre Sévère, & lapépinière du sénat (2).
Au-dessous du sénat, le premier des honneurs accordés à Rome sousl’empire, ce fut Y ordre équejlre. Quelquefois les sénateurs en faisaientpartie, quoiqu’il y eût une différence marquée entre ces deux classes. Tacites’exprime ainsi: « Milia & Crispinius, chevaliers romains, tenaient unrang de sénateurs (3). »
Les chevaliers de l’empire faisaient-ils partie de la noblesse? On seraittenté de croire le contraire en lisant ces paroles de Tacite, qui semblent laséparer de cette classe : « La noblesse, sans courage, eft sans nul souvenirde la guerre, & les chevaliers sont étrangers au métier des armes (4). »
C’eft à peu près ce que dira le poète Euffache Deschamps, quatorze
(t) Pro Rablrio Posthumo , V.
(2) Naudet, La Noblesse che{ les Romains,
( 3 ) Tacite, Ann., XVI, 17.
(4) Tacite, Hijl., 1 , 88.