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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE,
Les six escadrons honorés du cheval public, avec les douze autrescenturies équeftres, se maintinrent jusqu’au règne des empereurs. Il ensortit des tribuns de légions, des préfets de corps auxiliaires, des lieutenantsde commandants d’armée, préteurs ou consuls; mais en général cettechevalerie figurait plus pour la montre que pour le service. Les chevalierss’accoutumèrent peu à peu pour la plupart à préférer le calme 8c la sécuritéde la vie privée aux orages 8c aux périls de la vie publique, soit qu’ilss’appliquassent aux sciences, à la culture des lettres ou à la pratique desaffaires 8c souvent des affaires d’argent. Aussi Cicéron, les approuvant,leur faisait dire : « Nous pourrions nous élever par les suffrages du peupleromain aux plus grands honneurs, si nous tournions nos vœux 8c nosefforts vers les emplois publics... Nous sommes loin de les dédaigner; maisl’ordre dans lequel nous sommes nés ainsi que nos pères nous suffit, 8cnous aimons mieux notre vie calme 8c paisible, à l’abri des tempêtes 8c del’envie (i). »
Peu à peu le service de la cavalerie fut même retiré aux chevaliers, carCésar, ayant reçu un renfort de cavaliers germains excellents, mais malmontés, fit donner les chevaux des chevaliers aux hommes de cettenouvelle légion (2).
Tite-Live, a dit M. Naudet, fait un anachronisme de langage en quelquesendroits de ses récits, lorsqu’il nommait l’ordre équeflre dans les temps oùcet ordre n’avait pas reçu son inftitution (3). Il lui semble aussi que Plinetombe dans une erreur contraire en affirmant qu’avant Augufte, n’étaientréputés et dits chevaliers que ceux à qui le censeur avait donné le chevalmilitaire.
Cicéron eft complètement opposé à cette opinion : pour lui, c’eft dansl’ordre équeflre, le second ordre de l’Etat (4), que l’on prend les juges (5);juge 8c chevalier ne font qu’un.
Lorsque la république allait tomber, à la suite de longues luttes civiles,
( 1 ) Pro Cluent ., 56.
( 2 ) Bell. Gall. , VII, 65.
(3) Liv. IV, 8 , 1 3 ; XXI, 5 9 ; XLIII.
" , ( 4 ) Secundum ordinem civitatis (Verr. III, 79).
(5) Dans la défense de Flaccus s’adressant aux juges, il dit : « Implorera-t-il lesénat? Mais le sénat lui-même invoque notre secours 8 c sent que son autorité dépendde votre puissance. Flaccus aurait-il recours aux chevaliers? C’eft vous les chefs decet ordre qui allez prononcer son jugement. »