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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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CHEVALERIE CHEZ LES GERMAINS.

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ancien; il dit que lusage de manger à une table ronde était déjà & bienauparavant employé parmi les Francs. Cette coutume, affirme-t-il, venaitdes grands seigneurs & des guerriers francs qui avaient voulu, par ce moyen,éviter toute dispute au sujet du rang & des préséances. Le P. Honoréde Sainte-Marie (i) dit quil ny eut jamais un tel ordre de Chevalerie,& que le nom de table ronde rappelait seulement une espèce de réjouissance& de fête darmes. A limitation des Germains, les chevaliers qui avaientcombattu dans les duels & les joutes ou même dans les combats de sei-gneurs à seigneurs venaient prendre le repas chez celui qui avait donnéla fête, & étaient assis à une table ronde. Cette supposition sapplique par-faitement aux paroles de Tacite au sujet des peuples du Nord : « Ils avaient ,dit-il, la coutume de décider leurs procès par les armes. »

Nous trouvons aussi lorigine des chevaliers de la Table ronde dans cepassage de Basnage : « Lusage de décider les différends particuliers par lavoie des armes était ordinaire dans la Suède & dans le Danemark, carJroshon III, lun de ses rois, déclara, par une loi authentique, quil valaitmieux terminer les différends par les armes que par la raison, & par lescoups que par les paroles. Cette loi fut reçue & observée dans toutes lesprovinces dAllemagne, dans la Scandinavie, dans la Norvège, etc., etc.Dailleurs, il y avait dans ces contrées peu de villes; le camp était le domicilele plus ordinaire des habitants. Chaque portion de terre avait son seigneurparticulier; chaque seigneur, ses vassaux. Dès le moment quil sélevaitquelque conteftation entre ces seigneurs, ils assemblaient leurs vassauxafin de se faire la guerre (2). »

Toutes ces inffitutions franques ou saxonnes, en prenant celle du roiArtur pour modèle, sont toutes pleines des souvenirs de la Germanie. Cesassemblées de chevaliers, se réunissant à des époques déterminées, rap-pellent la civilisation primitive & celtique des druides, attirant autour desautels de pierre, dressés pour les sacrifices à lombre de vaffes chênes, lesplus puissants & les plus valeureux de la nation. Dans ces premierséléments, il faut peut-être rechercher lorigine de la Chevalerie. Ne fallait-ilpas en effet une base forte & solide, de grands souvenirs, de vieilles

(1) R. P. Honoré de Sainte-Marie. Dissertations sur la Chevalerie. Paris, 171 5 ;1 vol. in-4 0 .

(2) Basnage de Beauval, Hijloire des Duels. Amlterdam, 1721.