CHEVALERIE EN GRÈCE.
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aux libérateurs d’Athènes sont bientôt remplacées par des couronnes demétal. Androtiôn, orateur célèbre, nous montre, dans un de ses plaidoyers,l’usage, attefté par d’autres faits, de couronner certains corps politiquescomme on couronnait des particuliers. On sait que ce lut la couronneofferte à Démofthène qui donna lieu à un procès si fameux contre son rivalEschine.
La couronne d’or avait la forme de feuillage. Beaucoup de monuments,& nous en possédons plusieurs au Louvre (i), reproduisent l’image sculptéede ces sortes de couronnes. Une inscription de Rhodes nous montre lebienfaiteur d’une corporation honoré par elle de plusieurs couronnes àfeuillages divers, qu’il fait toutes sculpter sur un monument commé-moratif ( 2 ). La valeur d’une couronne d’or était de mille drachmes, ouenviron neuf cent vingt francs de notre monnaie.
La décadence fit de grands pas; il ne pouvait en être autrement à uneépoque où Athènes, si parcimonieuse envers Miltiade, offrait à Démétriusde Phalère trois cent soixante ffatues sur ses diverses places publiques.Alors le dévouement ne se payait plus seulement par un auftère témoignagede l’eftime nationale. On appréciait sans aucun doute l’honneur d’êtrecouronné par le héraut d'armes de la ville, au milieu d’une assembléenombreuse ; mais on appréciait peut-être davantage le métal de la couronne,cinq cents ou bien mille drachmes d’argent, & surtout mille pièces d’or,comme on le voit sur quelques monuments. Une inscription de Syrosnous montre un bienfaiteur que cette ville récompense, allant droit chezle caissier municipal pour y toucher la somme déterminée par lesrèglements (3).
Un décret récemment découvert dans les ruines d’une ville grecque dela Russie méridionale contient une expression assez naïve, que l’on pour-rait appeler le matérialisme de la gloire. Il y elf dit, en propres termes, quetel citoyen sera « couronné de mille pièces d’or » (4)-
Plus les Grecs s’habituèrent au joug de Rome & plus s’affaiblirent chez
(1) De Clarac, Inscriptions grecques & romaines du Musée impérial du Louvre ,planches xlii & xliv.
(2) Corpus inscr. grœc ., n° 2525 .
( 3 ) Corpus, n° 2347.
(4) XTstpMwOiivKi «uT&v xpo-oeç yjïmç. — Cité, d’après l’ouvrage de M. Ouvaroff, parM. Egger : Sur les Honneurs publics che% les Athéniens ; in-8°.