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HISTOIRE DES ORDRES DE CHEVALERIE.
LA CHEVALERIE EN GRÈCE.
Honneurs publics a Athènes. — « Toutes les inflitutions d’Athènes,a dit madame de Staël, dans un ouvrage rempli de vues élevées, excitaientl’émulation. Les Athéniens n’ont pas toujours été libres, mais l’esprit d’en-couragement n’a jamais cessé d’exercer parmi eux la plus grande force...Ils étaient peu nombreux, mais l’univers les regardait. Ils réunissaient ledouble avantage des petits États & des grands théâtres : l’émulation quinaît de la certitude de se faire connaître parmi les siens, 8c celle que doitproduire la possibilité d’une gloire sans bornes. »
Les récompenses que diftribuaient les Athéniens aux citoyens qui sediftinguaient au service de la République étaient d’abord des charges dansl’État, On trouve encore aujourd’hui des éloges gravés sur des plaquesde marbre que l’on déposait dans les monuments, & des ftatues avecinscriptions qui indiquent des droits de préséance dans les fêtes civiles 8creligieuses.
A l’origine, les récompenses publiques furent très-simples : quand onpeignit sur les murs d’un portique d’Athènes, le Pœcile , la bataille deMarathon, Miltiade ne put obtenir de voir son nom inscrit sur le tableau.On lui permit seulement de se faire représenter en tête des Grecs qu’ilavait conduits à la viéfoire.
Plus tard, en souvenir d’exploits semblables, nous voyons des inscriptionsgravées sur des Hermès (i), mais où ne figure aucun nom propre, commes’il appartenait à la seule reconnaissance publique de suppléer au silencediscret du monument. On voit aussi un bienfaiteur de la Républiquerécompensé par des concession^ de terrain, par une somme de centmines ( 2 ) 8c par une pension journalière de quatre drachmes (3).
Les couronnes de feuillage qui, après la chute des Trente, avaient suffi
(1) Statues de Mercure sans bras 8c sans pieds, soit en marbre, soit en bronze
que les Grecs 8c plus tard les Romains plaçaient dans les carrefours 8c les chemins,
parce que Mercure était regardé comme le protecteur des routes.
(2) Monnaie des Athéniens, qui valait 100 drachmes 8c représentait 92 fr. 16 c.'de
notre argent.
( 3 ) Unité de poids 8c de monnaie chez les Grecs.