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Histoire des ordres de Chevalerie et des distinctions honoritiques en France
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CHEVALERIE CHEZ LES ÉGYPTIENS.

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Dans le tombeau décrit par Champollion, sous le n° 36 (i), sont repré-sentés trois personnages portant sur la poitrine un riche collier dor. Lunde ces personnages, dont le nom & les titres sont malheureusement effacés,a un collier différent des autres, en ce quil eft orné de deux mouches & dedeux lions; cétait sans doute une décoration dans le genre de celle quereçut Ahmès dit Pensouvan, dont ces personnages étaient contemporains,puisque ce tombeau porte les figures & les cartouches de Toutmès III &de son fils Amenophis II. Les deux insedes que Champollion nomme desmouches ont sur sa copie quelque rapport avec les abeilles, & il fautconvenir que nous concevons mieux labeille portée en décoration commeun symbole dune utile activité, que la mouche parasite & incommode dontnous avons fait un qualificatif peu honorable. Mais les Egyptiens ne rai-sonnaient pas comme nous; la mouche leur rendait sans doute des servicesou était le type de quelque bonne qualité, puisquils étalaient son image surla poitrine de leurs grands dignitaires. Dailleurs, il faut sen rapporter àb admirable sagacité de Champollion, qui a pu copier avec plus ou moins deprécision le modèle qu'il avait sous les yeux, mais qui certainement ne seffpas trompé en disant que cétaient deux mouches. Ceft donc une variété dedécoration à ajouter dans les faites de la Chevalerie égyptienne. Ces récom-penses honorifiques nétaient pas seulement accordées aux princes : ontrouve souvent sur des tombeaux lindication de récompenses donnéesaux plus simples officiers, qui les avaient gagnées dans des expéditionslointaines. Les lions dor sy voient avec moins de profusion, mais il y ades colliers auxquels les archéologues nont donné aucun nom particulier, nide classification régulière.

Le savant égyptologue M. xMariette vient meme de découvrir surplusieurs momies quil a exhumées dans ses fouilles récentes les insignesde la décoration de cet ordre de la Mouche ou de VAbeille ( 2 ).

(1) Manuscrits, t. V, Hypogées.

(2) Ces mouches ou abeilles ne seraient-elles pas des scarabées? Cest une simpleconjecture de notre part; mais les Egyptiens se figuraient que tous les scarabées étaientmâles : aussi voit-on dans leurs bas-reliefs quelques-uns de ces insectes, qui marquenttoujours la virilité de caractère des personnages sous lesquels ils sont placés. Le bœufApis devait avoir sous la langue un nœud ou bourrelet en forme de scarabée. Le scarabéeétait enfin une de ces divinités locales si nombreuses en Egypte.