PRÉFACE
III
Rien de plus ariftocratique, comme on le voit, que ce titre; mais tellen’eft pas la pensée du livre. Nous n avons pas eu Vintention d'écrirepour la noblesse. Nous avons voulu étudier, depuis son origine & àtravers ses diverses transformations, un syftème de récompenses pourle mérite civil .& pour le mérite militaire. Car, excepté pour quelquesordres tout religieux, c’efl bien le caraétère que présentent les ordresde chevalerie. Notre livre ejt donc un exposé de ce syftème; il ne seborne pas, comme les autres hiftoires qui ont le même titre, à envisagerle côté héraldique de la queftion, c’efl-à-dire le côté le plus futile,celui qui ne met que des différences au lieu d’établir des rapportsentre les ordres. Il renferme l’hijtoire de chaque ordre, avec lesdéveloppements quelle demande; tantôt c’eft une simple narration, unrésumé plus ou moins succinct des détails que Von a recueillis sur unordre ; tantôt se mêle au récit une réflexion qui relève un fait, ou unediscussion qui porte sur un point controversé, comme on le verra enparticulier pour les ordres des Hospitaliers, des Templiers , du Crois-sant, l’ordre de l’Étoile, de la Charité chrétienne, de Saint-Louis, duMérite militaire.
C’efl ainsi que dans une introduction à notre hijtoire, après avoirindiqué jusqu’à quelles nations de Vantiquité certains auteurs fontremonter l’origine de la Chevalerie, nous ne les suivons pas dans leursconjectures hardies, nous laissons tout débat de côté ; seulement, quandnous rencontrons, en étudiant la Chevalerie che% ces anciens peuples,quelques rapports de forme avec la nôtre, nous ne manquons pas deles faire ressortir. De même, s’il s’agit d’un ordre légendaire, nousdisons en peu de mots pour quel motif nous ne l’admettons pas; s’ils’agit d'un ordre obscur, nous essayons de suppléer au manque deconnaissances par l’examen approfondi des circonflances qui en entourentl’origine.
Il ne faut pas étudier longtemps Vhijtoire des ordres de Chevaleriepour reconnaître qu’ils changent de forme à des époques bien déterminées;ils sont d’abord dépendants de l’Église, militaires, religieux ou féodaux;