II
PRÉFACE
il faut rendre la vie à ces anciens manuscrits, témoins de Vliiftoire,ensevelis depuis des siècles dans la poussière de l’oubli.
C’eft l’œuvre de notre temps d’avoir créé la critique hi[torique,d’avoir, pour ainsi dire, creusé chaque fait pour découvrir s’il cfl telqu’on le représente, quelle eft son importance, quel lien il a avec lesfaits qui le précèdent, l’accompagnent ou le suivent.
Car une des qualités de la critique eft d’être impartiale. L’hiftoricnqui se livre à de longues recherches pour trouver la vérité ne ladénature point une fois trouvée; quand il a reconftitué une époque, qu’ily remonte par la pensée & se mêle familièrement à un monde dont ilconnaît la me intime, il ne subordonne pas à des idées préconçues lavérité du tableau qu'il a sous les yeux. Mais il modifie, s’il y a lieu,ses premières idées.
C eft ainsi qu’il évite les extrêmes, & qu’il se garde de blâmer oude louer de parti pris. Il a reconnu que certaines inftitutions, telles queles couvents & la chevalerie du moyen âge, que repoussent les idéesmodernes, ont eu leur raison d’être à leur naissance, & quelles ontd’abord été appropriées aux besoins de leur temps. Il a rectifié denombreuses erreurs. Il a donné une idée jufte de chaque fait, il a tracéde chaque personnage un portrait ressemblant, de chaque époque uneimage exacte.
Que refte-t-il donc à étudier dans l’hiftoire? Après tant de travaux,qu’y a-t-il encore à explorer dans son vafte domaine? Les grandesqueftions ont été supérieurement traitées, mais celles qui ont un intérêtsecondaire ont été au plus effleurées, quelquefois même elles ont passéinaperçues ; on a analysé à fond des événements qiiun lien communrattachait les uns aux autres , on n’a pas toujours songé à les rappro-cher par la synthèse.
C eft ce double travail que nous allons faire pour /’Hiftoire des ordresde Chevalerie & des difhncïions honorifiques en France.