PRÉFACE.
Quand on mesure le progrès des études hifloriqucs depuis le commen-cement de ce siècle, on ne doit pas être surpris de le trouver considé-rable : au lendemain de la Révolution, la société venait de changer,l’hijioire était à refaire. Jusqu’alors, accoutumés ci vivre sous le gou-vernement du bon plaisir, les hijloriens 11avaient pas apporté, dans Vétudedes événements passés, plus de liberté quon ne leur en laissait en poli-tique. Les uns altéraient la vérité pour les besoins de leur cause; d’autres,ne soupçonnant pas que chaque âge a sa physionomie & ses mœurs,travcfiissaient d’anciens rois à demi barbares en seigneurs galants del’époque ; les plus sérieux, ceux qui voyaient dans l’hijioire autre chosequ’une narration, dans la France autre chose que le roi, ne prenaientpas la peine de vérifier les faits qu’ils prétendaient juger.
Aussi peut-on dire qu'avant le dix-neuvième siècle l’hijioire n’ejl pasconjlituéc ; mais les matériaux ne manquent pas pour la conjlruire.Dans les bibliothèques, au sein des archives, une foule d’écrits , demémoires , de chroniques, de pièces de toutes sortes, contiennent lavérité sur le passé ; & si l'on veut connaître & juger la vieille politique,