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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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628
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ATHALIE.

SCÈNE IX.

LE CHŒUR.

UNE DES FILLES DU CHOEUR.

Quel astre à nos yeux vient de luire ?

Que] sera quelque jour cet enfant merveilleux ?il brave le faste orgueilleux,

Et ne se laisse point séduireA tous ses attraits périlleux.

UNE AUTRE.

Pendant que du dieu d’AtbalieChacun court encenser l’autel,

Un enfant courageux publieQue Dieu lui seul est éternel,

Et parle comme un autre ÉlieDevant cette autre Jézabel.

UNE AUTRE.

Qui nous révélera ta naissance secrète,

Cher enfant? Es-tu fils de quelque saint prophète?

UNE AUTRE.

Ainsi l’on vit l’aimable Samuel

Croître à l’ombre du tabernacle :

Il devint des Hébreux l’espérance et l’oracle.Puisses-tu, comme lui, consoler Israël !

UNE AUTRE chante.

O bienheureux mille foisL’enfant que le Seigneur aime,

Qui de bonne heure entend sa voix,

Et que ce Dieu daigne instruire lui-même 1Loin du monde élevé, de tous les dons des cieuxIl est orné dès sa naissance;

Et du méchant l’abord contagieuxN’altère point son innocence.

TOUT LE CnOEUR.

Heureuse, heureuse l’enfanceQue le Seigneur instruit et prend sous sa défense 1LA jièmb voix, seule.

Tel en un secret vallon,

Sur le bord d’une onde pure,

Croît, à l’abri de l’aquilon,