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Théâtre complet de J. Racine
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629
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ACTE II, SCÈNE IX.

On jeune lis, l’amour de la nature.

Loin du monde élevé, de tous les dons des deuxIl est orné dès sa naissance;

Et du méchant l’abord contagieuxN’altère point son innocence.

TOUT LE CIICEUR.

Heureux, heureux mille foisL’enfant que le Seigneur rend docile à ses lois !

UNE VOIX seule.

Mon Dieu, qu’une vertu naissanteParmi tant de périls marche à pas incertains !

Qu’une ûme qui te cherche et veut être innocenteTrouve d’obstacle à ses desseins!

Que d’ennemis lui font la guerre!

On se peuvent cacher tes saints?

Les pécheurs couvrent la terre.

UNE AUTRE.

O palais de David, et sa chère cité,

Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité,Comment as-tu du ciel attiré la colère?

Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu voisUne impie étrangèreAssise, hélas ! au trône de tes rois ?

TOUT LE CHOEUR.

Sion, chère Sion , que dis-tu quand tu voisUne impie étrangèreAssise, hélas ! au trône de tes rois ?

LA même VOIX conlinuc.

Au lieu des cantiques charmantsOù David t’exprimait ses saints ravissements,

Et bénissait son Dieu, son seigneur, et son père ;

Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu voisLouer le dieu de l’impie étrangère,

Et blasphémer le nom qu’ont adoré tes rois?

une voix seule.

Combien de temps, Seigneur, combien de temps encoreVerrons-nous contre toi les méchants s’élever?

Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver :

Ils traitent d’insensé le peuple qui t’adore.

Combien de temps, Seigneur, combien de temps encoreVerrons-nous contre toi les méchants s’élever?

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