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Théâtre complet de J. Racine
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627
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ACTE II, SCENE VIII. 627

Où serais-je aujourd'hui, si, domptant ma faiblesse,

Je n’eusse d’une mère étouffé la tendresse;

Si de mon propre sang ma main versant des flotsN’eftt par ce coup hardi réprimé vos complots ?

Enfin de votre Dieu l’implacable vengeanceEntre nos deux maisons rompit toute alliance :

David m’est en horreur ; et les fils de ce roi,

Quoique nés de mon sang, sont étrangers pour moi.

JOSAUET.

Tout vous a réussi. Que Dieu voie, et nous juge.

ATHALIE.

Ce Dieu, depuis longtemps votre unique refuge,

Que deviendra l’effet de ses prédictions?

Qu’il vous donne ce roi promis aux nations,

Cet enfant de David, votre espoir, votre attente...

Mais nous nous reverrons. Adieu. Je sors contente.

J’ai voulu voir; j’ai vu.

ABNEU , à Josabct.

Je vous l’avais promis ;

Je vous rends le dépôt que vous m’avez commis.

SCÈNE VIII.

JOAD, JOSABET, JOAS, ZACHARIE, ABNE11, SALOMITII,LÉVITES, LE CIIŒÜR.

JOSABET, à Joad.

Avez-vous entendu cette superbe reine,

Seigneur?

JOAD.

J’entendais tout, et plaignais votre peine.

Ces lévites et moi, prêts à vous secourir,

Nous étions avec vous résolus de périr.

( à Joas, en l’emhrassanl. )

Que Dieu veille sur vous, enfant dont le courageVient de rendre à son nom ce noble témoignage !

Je reconnais, Abner, ce service important :

Souvenez-vous de l’heure où Joad vous attend.

Et nous, dont cette femme impie et meurtrièreA souillé les regards et troublé la prière,

Rentrons ; et qu’un sang pur, par mes mains épanché,

Lave jusques au marbre où ses pas ont touché.

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