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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
566
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5GC

ESTHER.

SCÈNE V.

Toute cette scène est chantée.

LE CHŒUR.

UNE ISRAÉLITE, seule.

Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes ;A nos sanglots donnons un libre cours :Levons les yeux vers les saintes montagnesD’où l’innocence attend tout son secours.

O mortelles alarmes !

Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux :

11 ne fut jamais' sous les deuxUn si juste sujet de larmes.

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes 1

UNE AUTRE ISRAÉLITE.

N’était-ce pas assez qu’un vainqueur odieuxDe l’auguste Sion eût détruit tous les charmes,Et traîné ses enfants captifs en mille lieux ?

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes !

LA MÊME ISRAÉLITE.

Faibles agneaux livrés à des loups furieux,

Nos soupirs sont nos seules armes.

TOUT LE CHOEUR.

O mortelles alarmes !

UNE ISRAÉLITE.

Arrachons, déchirons tous ces vains ornementsQui parent notre tête.

UNE AUTRE.

Revêtons-nous d’habillementsConformes à l’horrible fêteQue l’impie Aman nous apprête.

TOUT LE CHOEUR.

Arrachons, déchirons tous ces vains ornementsQui parent notre tête.

UNE ISRAÉLITE.

Quel carnage de toutes parts!

O 11 égorge il la fois les enfants, les vieillards,