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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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551
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ACTE V, SCÈNE VII.

Son trépas à mes pleurs offre assez de matièresSans que jaille chercher dodieuses lumières,

Qui, ne pouvant le rendre à ma juste douleur,Peut-être ne feraient quaccroître mon malheur.Laissez-moi, loin de vous, et loin de ce rivage,

De mon fils déchiré fuir la sanglante image.

Confus, persécuté dun mortel souvenir,

De lunivers entier je voudrais me bannir.

Tout semble sélever contre mon injustice;

Léclat de mon nom même augmente mon supplice :Moins connu des mortels, je me cacherais mieux.

Je hais jusques aux soins dont mhonorent les dieux ;Et je men vais pleurer leurs faveurs meurtrières,Sans plus les fatiguer dinutiles prières.

Quoi quils fissent pour moi, leur funeste hontéNe me saurait payer de ce quils mont ôté.

PHÈDRE.

Non, Thésée, il faut rompre un injuste silence :

Il faut à votre (ils rendre son innocence :

Il nétait point coupable.

THÉSÉE.

Ah ! père infortuné !

Et cest sur votre foi que je lai condamné !

Cruelle ! pensez-vous être assez excusée?

riiÈniîF,.

Les moments me sont chers ; écoutez-moi, Thésée.Cest moi qui, sur ce fils chaste et respectueux,

Osai jeter un œil profane, incestueux.

Le ciel mit dans mon sein une flamme funeste :

La détestable Œnone a conduit tout le reste.

Elle a craint quHippolyte, instruit de ma fureur,

Ne découvrît un feu qui lui faisait horreur :

La perfide, abusant de ma faiblesse extrême,

Sest hâtée à vos yeux de laccuser lui-même.

Elle sen est punie, et, fuyant mon courroux,

A cherché dans les (lots un supplice trop doux.

Le fer aurait déjà tranché ma destinée;

Mais je laissais gémir la vertu soupçonnée :

Jai voulu, devant vous exposant mes remords,

Par un chemin plus lent descendre chez les morts.

Jai pris, jai fait couler dans mes brûlantes veines