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PHÈDRE.
« Qu’il lui rende .. » A ce mot ce héros expiréN’a laissé dans mes bras qu’un corps défiguré :
Triste objet où des dieux triomphe la colère,
Et que méconnaîtrait l’œil mémo de son père.
THÉSÉE.
O mon fds ! cher espoir que je me suis ravi !
Inexorables dieux, qui m’avez trop servi!
A quels mortels regrets ma vie est réservée !
THÉRAMÈNE.
La timide Aricie est alors arrivée •.
Elle venait, seigneur, fuyant votre courroux,
A la face des dieux l’accepter pour époux.
Elle approche ; elle voit l’herbe rouge et fumante ;
Elle voit (quel objet pour les yeux d’une amante!)Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur.
Elle x'eut quelque temps douter de son malheur ;
Et, ne connaissant plus ce héros qu’elle adore,
Elle voit Hippolyte, et le demande encore.
Mais, trop sûre û la fin qu’il est devant ses yeux,
Par un triste regard elle accuse les dieux;
Et froide, gémissante, et presque inanimée,
Aux pieds de son amant elle tombe pâmée.
Ismène est auprès d’elle ; Ismène tout en pleursLa rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs.
Et moi, je suis venu, détestant la lumière,
Vous dire d’un héros la volonté dernière,
Et m’acquitter, seigneur, du malheureux emploiDont son cœur expirant s’est reposé sur moi.
Mais j’aperçois venir sa mortelle ennemie.
SCÈNE VII.
THÉSÉE, PHÈDRE, THÉRAMÈNE, PANOPE, garde
TUÉSÉE.
Eli bien! vous triomphez, et mon fils est sans vie.
Ah ! que j’ai lieu de craindre ! et qu’un cruel soupçon,L’excusant dans mon cœur, m’alarme avec raison !
Mais, madame, il est mort; prenez votre victime;
Jouissez de sa perte, injuste ou légitime :
Je consens que mes yeux soient toujours abusés.
Je le crois criminel, puisque vous l’accusez.