ACTE IV, SCÈNE II.
L’insolent de la force empruntait le secours !
J’ai reconnu le fer, instrument de sa rage,
Ce ter dont je l’armai pour un plus noble usage.
Tous les liens du sang n’ont pu le retenir!
Et Phèdre différait à le faire punir!
Le silence de Phèdre épargnait le coupable !
OENONE.
Phèdre épargnait toujours un père déplorable.Honteuse du dessein d’un amant furieux,
Et du feu criminel qu’il a pris dans ses jeux,
Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrièreÉteignait de ses yeux l’innocente lumière.
J’ai vu lever le bras, j’ai couru la sauver :
Moi seule à votre amour j’ai su la conserver ;
Et, plaignant à la fois son trouble et vos alarmes,
J’ai servi malgré moi d’interprète à ses larmes.
TIIÉSÉE.
Le perfide ! il n’a pu s’empêcher de pâlir :
De crainte, en m’abordant, je l’ai vu tressaillir.
Je me suis étonné de son peu d’allégresse;
Ses froids embrassements ont glacé ma tendresse.Mais ce coupable amour dont il est dévoréDans Athènes déjà s’était-il déclaré ?
OENONE.
Seigneur, souvenez-vous des plaintes de la reine.
Un amour criminel causa toute sa haine.
THÉSÉE.
Et ce feu dans Trézène a donc recommencé !
OENONE.
Je vous ai dit, seigneur, tout ce qui s’est passe.
C’est trop laisser la reine à sa douleur mortelle ;Souffrez que je vous quitte, et me range auprès d’elle.
SCÈNE II.
THÉSÉE, IIIPPOLYTE.
TnÉSÉE.
Ah ! le voici. Grands dieux! à ce noble maintienQuel œil ne serait pas trompé comme le mien?
Faut-il que sur le front d’un profane adultèrelirillc do la vertu le sacré caractère !