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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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533
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ACTE IV, SCÈNE II.

L’insolent de la force empruntait le secours !

J’ai reconnu le fer, instrument de sa rage,

Ce ter dont je l’armai pour un plus noble usage.

Tous les liens du sang n’ont pu le retenir!

Et Phèdre différait à le faire punir!

Le silence de Phèdre épargnait le coupable !

OENONE.

Phèdre épargnait toujours un père déplorable.Honteuse du dessein d’un amant furieux,

Et du feu criminel qu’il a pris dans ses jeux,

Phèdre mourait, seigneur, et sa main meurtrièreÉteignait de ses yeux l’innocente lumière.

J’ai vu lever le bras, j’ai couru la sauver :

Moi seule à votre amour j’ai su la conserver ;

Et, plaignant à la fois son trouble et vos alarmes,

J’ai servi malgré moi d’interprète à ses larmes.

TIIÉSÉE.

Le perfide ! il n’a pu s’empêcher de pâlir :

De crainte, en m’abordant, je l’ai vu tressaillir.

Je me suis étonné de son peu d’allégresse;

Ses froids embrassements ont glacé ma tendresse.Mais ce coupable amour dont il est dévoréDans Athènes déjà s’était-il déclaré ?

OENONE.

Seigneur, souvenez-vous des plaintes de la reine.

Un amour criminel causa toute sa haine.

THÉSÉE.

Et ce feu dans Trézène a donc recommencé !

OENONE.

Je vous ai dit, seigneur, tout ce qui s’est passe.

C’est trop laisser la reine à sa douleur mortelle ;Souffrez que je vous quitte, et me range auprès d’elle.

SCÈNE II.

THÉSÉE, IIIPPOLYTE.

TnÉSÉE.

Ah ! le voici. Grands dieux! à ce noble maintienQuel œil ne serait pas trompé comme le mien?

Faut-il que sur le front d’un profane adultèrelirillc do la vertu le sacré caractère !