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PHÈDRE.
A-t-elle au criminel accordé quelque asile?
Vous ne répondez point. Mon fils, mon propre fils,Est-il d’intelligence avec mes ennemis?
Entrons : c’est trop garder un doute qui m’accable.Connaissons à la fois le crime et le coupable :
Que Phèdre explique enfin le trouble où je la voi.
SCÈNE VI.
HiPPOLYTE, TIIÉRAMÈNE.
ÎIIPI’OLYTE.
Où tendait ce discours qui m’a glacé d’effroi?
Phèdre, toujours en proie à sa fureur extrême ,Veut-elle s’accuser et se perdre elle-même?
Dieux 1 que dira le roi ? Quel funeste poisonL’amour a répandu sur toute sa maison!
Moi-même, plein d’un feu que sa haine réprouve ,Quel il m’a vu jadis, et quel il me retrouve !
De noirs pressentiments viennent m’épouvanter.
Mais l’innocence enfin n’a rien à redouter :
Allons ; cherchons ailleurs par quelle heureuse adresseJe pourrai de mon père émouvoir la tendresse,
Et lui dire un amour qu’il peut vouloir troubler,
Mais que tout son pouvoir ne saurait ébranler.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE I.
„ TIIÉSÉE, ŒNONE.
THÉSÉE.
Ah ! qu’est-ce que j’entends ! Un traître, un témérairePréparait cet outrage à l’honneur de son père!
Avec quelle rigueur, destin, lu me poursuis !
Je ne sais où je vais, je ne sais où je suis.
O tendresse ! ô bonté trop mal récompensée !
Projet audacieux! détestable pensée !
Pour parvenir au but de ses noires amours,