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Théâtre complet de J. Racine
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530
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PHÈDRE.

Madame, et dans vos bras met...

IMIÈDRE.

Arrêtez, Thésée,Et ne profanez point des transports si charmants :Je ne mérite plus ces doux empressements;

Vous êtes offensé. La fortune jalouse

N’a pas en votre absence épargné votre épouse.

Indigne de vous plaire et de vous approcher,

Je ne dois désormais songer qu’à me cacher.

SCÈNE V.

THÉSÉE, HiPPOLYTE, TIIÉRAMÈNE.

THÉSÉE.

Quel est l’étrange accueil qu’on fait à votre père,Mon fils?

HIPPOLYTE.

Phèdre peut seule expliquer ce mystère.Mais, si mes vœux ardents vous peuvent émouvoir,Permettez-moi, seigneur, de ne la plus revoir;Souffrez que pour jamais le tremblant HippolyteDisparaisse des lieux que votre épouse habite.

THÉSÉE.

Vous, mon fils, me quitter?

HIPPOLYTE.

Je ne la cherchais pas :

C’est vous qui sur ces bords conduisîtes ses pas.

Vous daignâtes, seigneur, aux rives de TrézèneConfier en partant Aricie et la reine ;

Je fus môme chargé du soin de les garder.

Mais quels soins désormais peuvent me retarder?Assez dans les forêts mon oisive jeunesseSur de vils ennemis a montré son adresse :

Ne pourrai-je, en fuyant un indigne repos,

D’un sang plus glorieux teindre mes javelots ?

Vous n’aviez pas encore atteint l’âge où je touche,Déjà plus d’un tyran, plus d’un monstre faroucheAvait de votre bras senti la pesanteur ;

Déjà, de l’insolence heureux persécuteur,

Vous aviez des deux mers assuré les rivages;