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Théâtre complet de J. Racine
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529
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ACTE III, SCÈNE IV.

THÈDRE.

Je le vols comme un monstre effroyable à mes yeux.

OENONE.

Pourquoi donc lui céder une victoire entière?

Vous le craignez ; osez l’accuser la premièreDu crime dont il peut vous charger aujourd’hui.

Qui vous démentira? Tout parle contre lui :

Son épée en vos mains heureusement laissée,

Votre trouble présent, votre douleur passée,

Son père par vos cris dès longtemps prévenu ,

Et déjà son exil par vous-méme obtenu.

piiedre.

Moi, que j’ose opprimer et noircir l’innocence !

OENONE.

Mon zèle n’a besoin que de votre silence.

Tremblante comme vous, j’en sens quelques remords :Vous me verriez plus prompte affronter mille morts.Mais, puisque je vous perds sans ce triste remède,Votre vie est pour moi d’un prix à qui tout cède :

Je parlerai. Thésée, aigri par mes avis,bornera sa vengeance à l’exil de son fils.

Un père, en punissant, madame, est toujours père;

Un supplice léger suffit à sa colère.

Mais, le sang innocent dfit-il être versé,

Que ne demande point votre honneur menacé?

C’est un trésor trop cher pour oser le commettre.Quelque loi qu’il vous dicte, il faut vous y soumettre,Madame ; et, pour sauver notre honneur combattu,

11 faut immoler tout, et même la vertu.

On vient ; je vois Thésée.

PHÈDRE.

Ah ! je vois Hippolyte ;

Dans ses yeux insolents je vois ma perte écrite.

Fais ce que tu voudras, je m’abandonne à toi :

Dans le trouble où je suis je ne puis rien pour moi.

SCÈNE IV.

THÉSÉE, HIPPOLYTE, PHÈDRE, ŒNONE,T11ÉR AMÈNE.

THÉSÉE.

La fortuno à mes vœux cesse d’étre opposée,

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