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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
Seite
506
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lHÈDRE.

50G

SCENE III.

PHÈDRE, ŒNONE.

PHÈDRE.

Wallons point plus avant. Demeurons, chère Œnonc.

Je ne me soutiens plus ; ma force mabandonne :

Mes yeux sont éblouis du jour que je revoi,

Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi.

Hélas!

(Elle sassied.)

OENONE.

Dieux tout-puissants, que nos pleurs vous apaisent!

PHÈDRE.

Que ces vains ornements, que ces voiles me pèsent!

Quelle importune maiD, en formant tous ces noeuds,

A pris soin sur mon front dassembler mes cheveux ?

Tout mafflige et me nuit, et conspire à me nuire.

OENONE.

Comme on voit tous ses vœux lun lautre se détruire !Vous-même, condamnant vos injustes desseins,

Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains ;

Vous-môme, rappelant votre force première,

Yous vouliez vous montrer et revoir la lumière.

Vous la voyez, madame ; et, prête à vous cacher,

Vous haïssez le jour que vous veniez chercher !

PHÈDRE.

Noble et brillant auteur dune triste famille,

Toi, dont ma mère osait se vanter dêtre fille,

Qui peut-être rougis du trouble tu me vois,

Soleil, je te viens voir pour la dernière fois !

OENONE.

Quoi ! vous ne perdrez point cette cruelle envie?

Yous verrai-je toujours, renonçant à la vue,

Paire de votre mort les funestes apprêts?

PHÈDRE.

Dieux ! que ne suis-je assise à lombre des forêts !

Quand pourrai-je, au travers dune noble poussière,

Suivre de lœil un char fuyant dans la carrière?

OENONE.

Quoi, madame!