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Théâtre complet de J. Racine
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505
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ACTE I, SCÈNE II.

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Mais que sert daffecter un superbe discours ?Avouez-le, tout change; et depuis quelques joursOn vous voit moins souvent, orgueilleux et sauvage,Tantôt faire voler un char sur le rivage,

Tantôt, savant dans lart par Neptune inventé,Rendre docile au frein un coursier indompté :

Les forêts de nos cris moins souvent retentissent :Chargés dun feu secret, vos yeux sappesantissent.

11 nen faut point douter, vous aimez, vous brûlez;Vous périssez dun mal que vous dissimulez.

La charmante Aricie a-t-elle su vous plaire ?

IIIPPOLVTE.

Théramène, je pars, et vais chercher mon père.

THÉRAMÈNE.

Ne verrez-vous point Phèdre avant que de partir,Seigneur?

IIIPPOLVTE.

Cest mon dessein ; tu peux Pen avertir.Voyons-la, puisquainsi mou devoir me lordonne.Mais quel nouveau malheur trouble sa chère Œnone?

SCÈNE II.

IIIPPOLYTE, ŒNONE, THÉRAMÈNE.ŒNONE.

Hélas 1 seigneur, quel trouble au mien peut être égal ?La reine touche presque h son tonne fatal.

En vain h lobserver jour et nuit je mattache,

Elle meurt dans mes bras dun mal quelle me cache;Un désordre éternel règne dans son esprit;

Son chagrin inquiet larrache de son lit ;

Elle veut voir le jour, et sa douleur profondeMordonne toutefois décarter tout le monde...

Elle vient.

IIIPPOLYTE.

11 suffit : je la laisse en ces lieux,

Et ne lui montre point un visage odieux.

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RACINE.