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BAJAZET.
Que vous dictait le soin de conserver ses jours?
ATALIDE.
Nou, non ; il ne fera que ce qu’il a dû faire.Sentiments trop jaloux, c’est à vous de vous taire :Si Bajazet l’épouse, il suit mes volontés;
Respectez ma vertu qui vous a surmontés ;
A ses nobles conseils ne mêlez point le vôtre;
Et, loin de me le peindre entre les bras d’une autre,Laissez-moi, sans regret, me le représenterAu trône où mon amour l’a forcé de monter.
Oui, je me reconnais, je suis toujours la même.
Je voulais qu’il m'aimât, clière Zaïre; il m’aime:
Et du moins cet espoir me console aujourd’huiQue je vais mourir digne et contente de lui.
ZAÏRE.
Mourir! Quoi! vous auriez un dessein si funeste?
ATALIBE.
J’ai cédé mon amant; tu t’étonnes du reste?
Peux-tu compter, Zaïre, au nombre des malheursUne mort qui prévient et finit tant de pleurs?
Qu’il vive, c’est assez. Je l’ai voulu, sans doute ;
Et je le veux toujours, quelque prix qu’il m’en coûteJe n’examine point ma joie ou mon ennui;
J’aime assez mon amant pour renoncer à lui.
Mais, hélas! il peut bien penser avec justiceQue, si j’ai pu lui faire un si grand sacrifice,
Ce cœur, qui de ses jours prend ce funeste soin,L’aime trop pour vouloir en être le témoin.
Allons, je veux savoir...
ZAÏRE.
Modérez-vous, de grâce :On vient vous informer de tout ce qui se passe.
C’est le vizir.
SCENE II.
ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE.
ACOMAT.
Enfin nos amants sont d’accord,Madame ; un calme heureux nous remet dans le port.La sultane a laissé désarmer sa colère;