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Théâtre complet de J. Racine
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353
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ACTE III, SCÈNE I.

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ACTE TROISIÈME.

SCÈNE I.

ATALIDE, ZAÏRE.

ATALIDE.

Zaïre, il est donc vrai sa grâce est prononcée ?

ZAÏRE.

Je vous l’ai dit, madame : une esclave empressée,

Qui courait de Roxane accomplir le désir,

Aux portes du sérail a reçu le vizir.

Ils ne m’ont point parlé; mais, mieux qu’aucun langage,Le transport du vizir marquait sur son visageQu’un heureux changement le rappelle au palais,

Et qu’il y vient signer une éternelle paix.

Roxane a pris, sans doute, une plus douce voie.

ATALinE.

Ainsi, de toutes parts, les plaisirs et la joieM’abandonnent, Zaïre, et marchent sur leurs pas.

J’ai fait ce que j’ai dû ; je ne m’en repens pas.

ZAÏRE.

Quoi, madame! quelle est cette nouvelle alarme?

ATALIDE.

Et ne t’a-t-on point dit, Zaïre, par quel charme,

Ou, pour mieux dire enfin, par quel engagementBajazet a pu faire un si prompt changement?

Roxane en sa fureur paraissait inflexible ;

A-t-elle de son cœur quelque gage infaillible?

Parle. L’épouse-t-il?

ZAÏRE.

Je n’en ai rien appris.

Mais enfin s’il n’a pu se sauver qu’à ce prix ;

S’il fait ce que vous-même avez su lui prescrire ;

S’il l’épouse, en un mot...

ATALIDE.

S’il l’épouse. Zaïre !

ZAÏRE.

Quoi ! vous repentez-vous des généreux discours