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BAJAZET.
Venez, cruel, veuez, je vais vous y conduire;
Et de tous nos secrets c’est moi qui veux l’instruire.Puisque, malgré mes pleurs, mon amant furieuxSe fait tant de plaisir d’expirer à mes yeux,lioxane, malgré vous, nous joindra l’un et l’autre :
Elle aura plus de soif de mon sang que du vôtre ;
Et je pourrai donner à vos yeux effrayésLe spectacle sanglant que vous me prépariez.
BAJAZET.
Oh ciell que faites-vous?
ATALIDE.
Cruel ! pouvez-vous croireQue je sois moins que vous jalouse de ma gloire?Pensez-vous que cent fois, en vous faisant parler,
Ma rougeur ne fût pas prête à me déceler ?
Mais on me présentait votre perte prochaine.
Pourquoi faut-il, ingrat, quand la mienne est certaine,Que vous n’osiez pour moi ee que j’osais pour vous ?Peut-être il suffira d’un mot un peu plus doux :
Roxane dans son cœur peut-être vous pardonne.Vous-même, vous voyez le temps qu’elle vous donne :A-t-elle, en vous quittant, fait sortir le vizir?
D es gardes à mes yeux viennent-ils vous saisir ?
Enfin, dans sa fureur implorant mon adresse,
Ses pleurs ne m’ont-ils pas découvert sa tendresse ?Peut-être elle n’attend qu’un espoir incertainQui lui fasse tomber les armes de la main.
Allez, seigneur, sauvez votre vie et la mienne.
BAJAZET.
Eh bien... Mais quels discours faut-il que je lui tienne ?
ATALIDE.
Ah 1 daignez sur ce choix ne me point consulter.L’occasion, le ciel pourra vous les dicter.
Allez : entre elle et vous je ne dois point paraître ;
Votre trouble ou le mien nous ferait reconnaître.
Allez : encore un coup, je n’ose m’y trouver :
Dites... tout ce qu’il faut, seigneur, pour vous sauver.