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BAJAZET.
Le conseil le plus prompt est le plus salutaire ;
Vous voudrez, mais trop tard, soustraire à son pouvoirUn peuple dans ses murs prêt à le recevoir.
Pour moi, j’ai su déjà par mes brigues secrètesGagner de notre loi les sacrés interprètes :
Je sais combien, crédule eu sa dévotion,
Le peuple suit le frein de la religion.
Souffrez que Bajazet voie enfin la lumière :
Des murs de ce palais ouvrez-lui la barrière;
Déployez en son nom cet étendard fatal,
Des extrêmes périls l’ordinaire signal.
Les peuples, prévenus de ce nom favorable,
Savent que sa vertu le rend seule coupable.
D’ailleurs, un bruit confus, par mes soins confirmé,Fait croire heureusement à ce peuple alarméQu’Amurat le dédaigne , et veut loin de ByzanceTransporter désormais son trône et sa présence.Déclarons le périt dont son frère est pressé,
Montrons l’ordre cruel qui vous fut adressé :
Surtout qu’il se déclare et se montre lui-même,
Et fasse voir ce front digue du diadème.
ROXANE.
Il suffit. Je tiendrai tout ce que j’ai promis.
Allez, brave Acomat, assembler vos amis :
De tous leurs sentiments venez me rendre compte;
Je vous rendrai moi-même une réponse prompte.
Je verrai Bajazet. Je ne puis dire rienSans savoir si son cœur s’accorde avec le mien.
Allez; et revenez.
SCÈNE III.
ROXANE, ATALIDE , ZATIME, ZAÏRE.
ROXANE.
Enfin, belle Atalide,
11 faut de nos destins que Bajazet décide.
Pour la dernière fois je le vais consulter :
Je vais savoir s’il m’aime.
ATALIDE.
Est-il temps d’en douter,