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Théâtre complet de J. Racine
Entstehung
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318
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BÉRÉNICE.

31 «

SCÈNE, II.

ANTIOCHUS, ARSACE.

ARSACE.

Ah ! quel heureux destin en ces lieux vous renvoie,Seigneur !

ANTIOCHUS.

Si mon retour tapporte quelque joie,Arsace, rends-en grâce h mon seul désespoir.

ARSACE.

La reine part, seigneur.

ANTIOCHUS.

Elle part?

ARSACE.

Dès ce soir :

Ses ordres sont donnés. Elle sest offenséeQue Titus à ses pleurs lait si longtemps laissée,

Un généreux dépit succède à sa fureur :

Bérénice renonce à Rome, à lempereur,

Et même veut partir avant que Rome, instruite,Puisse voir son désordre et jouir de sa fuite.

Elle écrit à César.

Et Titus ?

ANTIOCHUS.

Oh ciel! qui laurait cru?

ARSACE.

A ses yeux Titus na point paru.

Le peuple avec transport larrête et lenvironne,Applaudissant aux noms que le sénat lui donne ;Et ces noms, ces respects, ces applaudissements,Deviennent pour Titus autant dengagements,

Qui, le liant, seigneur, dune honorable chaîne,Malgré tous ses soupirs, et les pleurs de la reine,Fixent dans son devoir ses vœuxirrésolus.

Cen est fait; et peut-être il ne la verra plus.

ANTIOCHUS.

Que de sujets despoir, Arsace ! je lavoue .

Mais dun soin si cruel la fortune me joue,

Jai vu tous mes projets tant de fois démentis,Que jccoute en tremblant tout ce que tu me dis ;