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BÉRÉNICE.
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Car enfin Rome a-t-elle expliqué ses souhaits ?L’enteudons-nous crier autour de ce palais?
Vois-je l’état penchant au bord du précipice?
Ne le puis-je sauver que par ce sacrifice?
Tout se tait ; et moi seul, trop prompt à me troubler,J’avance des malheurs que je puis reculer.
Et qui sait si, sensible aux vertus de la reine,
Rome ne voudra point l’avouer pour Romaine?
Rome peut par son choix justifier le mien :
Non, non, encore un coup, ne précipitons rien.
Que Rome avec ses lois mette dans la balanceTant de pleurs, tant d’amour, tant de persévérance ;Rome sera pour nous... Titus, ouvre les yeux :
Quel air respires-tu? N’es-tu pas dans ces lieuxOù la baine des rois, avec le lait sucée,
Par crainte ou par amour ne peut être effacée?
Rome jugea ta reine en condamnant ses rois.
N’as-tu pas en naissant entendu cette voix?
Et n’as-lu pas encore ouï la renomméeT’annoncer ton devoir jusque dans ton armée?
Et lorsque Bérénice arriva sur tes pas,
Ce que Rome en jugeait ne l’entendis-tu pas?
Faut-il donc tant de fois te le faire redire?
Ah lâche ! fais l’amour, et renonce à l’empire ;
Au bout de l’univers va, cours te confiner,
Et fais place à des cœurs plus dignes de régner.
Sont-ce là ces projets de grandeur et de gloireQui devaient dans les coeurs consacrer ma mémoire?Depuis huit jours je règne, et, jusques à ce jour,Qu’ai-je fait pour l’honneur? J’ai tout fait pour l’amour.D’un temps si précieux quel compte puis-je rendre?
Où sont ces heureux jours que je faisais attendre?
Quels pleurs ai-je séchés? dans quels yeux satisfaitsAi-je déjà goûté le fruit de mes bienfaits?
L’univers a-t-il vu changer ses destinées?
Sais-je combien le ciel m’a compté de journées?
Et de ce peu de jours, si longtemps attendus,
Ah malheureux! combien j’en ai déjà perdus !
Ne tardons plus : faisons ce que l’honneur exige ;Rompons le seul lien...