ACTE IV, SCÈNE IV.
Si ma foi, si mes pleurs, si mes gémissements,
Mais que dis-je, mes pleurs ! si ma perle certaine.
Si ma mort toute prête enfin ne le ramène,
Dis-moi', que produiront tes secours superflus,
Et tout ce faible éclat qui ne le touche plus?
PIIÉNICE.
Pourquoi lui faites-vous cet injuste reproche?
J’entends du bruit, madame, et l’empereur s’approche.Venez, fuyez la foule, et rentrons promptement.
Vous l’entretiendrez seul dans votre appartement.
SCÈNE III.
TITUS, PAULIN, suite.
TITUS.
De la reine, Paulin, flattez l’inquiétude :
Je vais la voir. Je veux un peu de solitude :
Que Ton me laisse.
rAOLIN, à part.
Oh ciel ! que je crains ce combat !
G rands dieux, sauvez sa gloire et l’honneur de l’État !Voyons la reine.
SCÈNE IV.
TITUS.
Eli bien! Titus, que viens-tu faire?Bérénice t’attend. Où viens-tu, téméraire?
Tes adieux sont-ils prêts? T’es-tu bien consulté?
Ton cœur te promet-il assez de cruauté?
Car enfin au combat qui pour toi se prépareC’est peu d’être constant, il faut être barbare.Soutiendrai-je ces yeux dont la douce langueurSait si bien découvrir les chemins de mon cœur?Quand je verrai ces yeux armés de tous leurs charmes,Attachés sur les miens, m’accabler de leurs larmes,
Me souviendrai-je alors de mon triste devoir?Pourrai-je dire enfin : Je ne veux plus vous voir?
Je viens percer un cœur que j’adore, qui m’aime.
Et pourquoi le percer? Qui l’ordonne? Moi-même.