308
BÉRÉNICE.
ACTE QUATRIÈME.
SCÈNE I
BÉRÉNICE.
Phénice ne vient point 1 Moments trop rigoureux,Que vous paraissez lents à mes rapides vœux !
Je m’agite, je cours; languissante, abattue,
La force m’abandonne ; et le repos me tue.Phénice ne vient point ! Ah 1 que cette longueurD’un présage funeste épouvante mon cœur !Phénice n’aura point de réponse à me rendre :Titus, l’ingrat Titus n’a point voulu l’entendre ;11 fuit, il se dérobe à ma juste fureur.
SCÈNE II.
BÉRÉNICE, PHÉNICE.
nénÉNiciï.
Chère Phénice, eh bien! as-tu vu l’empereur?Qu’a-t-il dit? viendra-t-il?
PHÉNICE.
Oui, je l’ai vu, madame,Et j’ai peint îi ses yeux le trouble de votre âme.
J’ai vu couler des pleurs qu’il voulait retenir.
BÉRÉNICE.
Vient-il?
PHÉNICE.
N’en doutez point, madame, il va venir.Mais voulez-vous paraître en ce désordre extrême ?Remettez-vous, madame, et rentrez en vous-même.Laissez-moi relever ces voiles détachés,
Et ces cheveux épars dont vos yeux sont cachés.Souffrez que de vos pleurs je répare l’outrage.
BÉRÉNICE.
Laisse, laisse, Phénice ; il verra son ouvrage.
Eh ! que m’importe, hélas ! de ces vains ornements?