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Théâtre complet de J. Racine
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BERENICE.

PAULIN.

J’ai couru chez la reine :Dans son appartement ce prince avait paru ;

Il en était sorti, lorsque j’y suis couru.

De vos ordres seigneur, j’ai dit qu’on l’averLisse.

TITUS.

Il suffit. Et que fait la reine Bérénice?

PAULIN.

La reine, en ce moment, sensible à vos bontés,Charge le ciel de vœux pour vos prospérités.

Elle sortait, seigneur.

TITUS.

Trop aimable princesse 1

Hélas !

PAULIN.

En sa faveur d’où naît cette tristesse?L’Orient presque entier va fléchir sous sa loi -,Vous la plaignez?

TITUS.

Paulin, qu’on vous laisse avec moi.

SCÈNE IL

TITUS, PAULIN.

TITUS.

Eli bien, de mes desseins Rome encore incertaineAttend que deviendra le destin de la reine,

Paulin; et les secrets de son cœur et du mienSont de tout l’univers devenus l’entretien.

Voici le temps enfin qu’il faut que je m’explique.De la reine et de moi que dit la voix publique?Parlez : qu’entendez-vous?

PAULIN.

J’entends de tous côtésPublier vos vertus, seigneur, et ses beautés.

TITUS.

Que dit-on des soupirs que je pousse pour elle?Quel succès attend-on d’un amour si fidèle?

PAULIN.

Vous pouvez tout : aimez, cessez d’ètre amoureux ;La cour sera toujours du parti de vos vœux.