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ACTE II, SCÈNE I.
Titus m’aime ; il peut tout ; il n’a plus qu’à parler,
Il verra le sénat m’apporter ses hommages ,
Et le peuple de Heurs couronner ses images.
De cette nuit, Phénice, as-tu vu la splendeur?
Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur?
Ces flambeaux, ce bûcher, cette nuit enflammée,
Ces aigles, ces faisceaux, ce peuple, cette armée,
Cette foule de rois, ces consuls, ce sénat,
Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat;
Cette pourpre, cet or, que rehaussait sa gloire,
Et ces lauriers encor témoins de sa victoire ;
Tous ces yeux qu’on voyait venir de toutes partsConfondre sur lui seul leurs avides regards ;
Ce port majestueux, cette douce présence...
Ciel ! avec quel respect et quelle complaisanceTous les coeurs en secret l’assuraient de leur foi !
Parle : peut-on le voir sans penser, comme moi,
Qu’en quelque obscurité que le sort l’eût fait naître,
Le monde en le voyant eût reconnu son maître?
Mais, Phénice, où m’emporte un souvenir charmant?Cependant Rome entière, en ce même moment,
Fait des vœux pour Titus, et, par des sacrifices,
De son règne naissant célèbre les prémices.
Que tardons-nous? allons pour son empire heureuxAu ciel qui le protège offrir aussi nos vœux.
Aussitôt, sans l’attendre, et sans être attendue,
Je reviens le chercher, et dans cette entrevueDire tout ce qu’aux cœurs l’un de l’autre contentsInspirent des transports retenus si longtemps.
ACTE SECOND.
SCÈNE I.TITUS, PAULIN, suite.
TITUS.
A-l-on vu de ma part le roi de Comagènc?Sait-il (pie je l’attends ?