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Théâtre complet de J. Racine
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264
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BRITANNICUS.

Le changement, madame, est commun à la cour,Et toujours quelque crainte accompagne lamour.

AGRIPPINE.

11 suffit, jai parlé, tout a changé de face :

Mes soins à vos soupçons ne laissent point de place.Je réponds dune paix jurée entre mes mains;Néron men a donné des gages trop certains.

Ah 1 si vous aviez vu par combien de caressesIl ma renouvelé la foi de ses promesses !

Par quels embrassements il vient de marrêter !

Ses bras dans nos adieux ne pouvaient me quitter.Sa facile bonté, sur son front répandue,

Jusqu 'aux moindres secrets est dabord descendue.Il sépanchait en fils qui vient en libertéDans le sein de sa mère oublier sa fierté.

Mais bientôt reprenant un visage sévère,

Tel que dun empereur qui consulte sa mère,

Sa confidence auguste a mis entre mes mainsDes secrets d' dépend le destin des humains.

Non, il le faut ici confesser à sa gloire,

Son cœur nenferme point une malice noire;

Et nos seuls ennemis, altérant sa bonté,

Abusaient contre nous de sa facilité.

Mais enfin à son tour leur puissance décline ;

Rome encore une fois va connaître Agrippine :

Déjà de ma faveur on adore le bruit.

Cependant en ces lieux nattendons pas la nuit :Passons chez Octavie, et donnons-lui le resteDun jour autant heureux que je lai cru funeste.

Mais quest-ce que jentends? quel tumulte confus?Que peut-on faire?

junie.

O ciel, sauvez Rritannicua!

SCÈNE IV.

AGRIPPINE, JUNIE, BURRIIUS.

AGRIPPINE.

Burrhus, courez-vous ? arrêtez. Que veut dire...

EURRUGS.

Madame, cen est fait, Britannicusexpire.