ACTE V, SCÈNE III.
Je me rendrais suspect par un plus long séjour :Adieu. Je vais, le cœur tout plein de mon amour,Au milieu des transports d’une aveugle jeunesse,Ne voir, n’entretenir que ma belle princesse.Adieu.
jurdE.
Prince...
BRITANNICUS.
On m’attend, madame, il faut partir.
JUNIE.
Mais du moins attendez qu’on vous vienne avertir.
SCÈNE IL
AGRIPPINE. BRITANNICUS, JUN1E.
AGRIPPINE.
Prince, que tardez-vous? Partez en diligence.Néron impatient se plaint de votre absence.
La joie et le plaisir de tous les conviés
Attend, pour éclater, que vous vous embrassiez.
Ne faites point languir une si juste envie ;
Allez. Et nous, madame, allons chez Octavie.
BRITANNICUS.
Allez, belle J unie, et, d’un esprit content,Ilâtez-vous d’embrasser ma sœur qui vous attend.Dès que je le pourrai, je reviens sur vos traces,Madame, et de vos soins j’irai vous rendre grâces.
SCENE III.
AGRIPPINE, JUNIE.
ACRirPINE.
Madame, ou je me trompe, ou durant vos adieuxQuelques pleurs répandus ont obscurci vos yeux-Puis-je savoir quel trouble a formé ce nuage?Doutez-vous d’une paix dont je fais mon ouvrage?
JUNIE.
Après tous les ennuis que ce jour m’a coûtés,
Ai-je pu rassurer mes esprits agités?
Hélas ! ii peine encor je conçois ce miracle.
Quand même à vos bontés je craindrais quelque obstacle,