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Théâtre complet de J. Racine
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iiritannicus.

Ou plutôt ils nont tous qu'une même pensée ;

Us verraient par ce coup leur puissance abaissée :

Vous seriez libre alors, seigneur ; et, devant vous,

Ces maîtres orgueilleux fléchiraient comme nous.

Quoi donc! ignorez-vous tout ce quils osent dire ?

« Néron, sils en sont crus, nest point pour lempire.« II ne dit, il ne fait que ce quon lui prescrit :

« Burrhus conduit son coeur, Sénèque son esprit.

« Pour toute ambition, pour vertu singulière,

« 11 excelle à conduire un char dans la carrière;

« A disputer des prix indignes de ses mains ;

A se donner lui-même en spectacle aux Romains ;

A venir prodiguer sa voix sur un théâtre;

« A réciter des chants quil veut quon idolâtre;

« Tandis que des soldats, de moments en moments,

« Vont arracher pour lui les applaudissements. »

Ah ! ne voulez-vous pas les forcer à se taire?

NÉRON.

Viens, Narcisse : allons voir ce que nous devons faire.

ACTE CINQUIÈME.SCÈNE I.

BRITANNICUS, JUNIE.BRITANNICUS.

Oui, madame, Néron (qui laurait pu penser!)Dans son appartement mattend pour membrasser.11 y fait de sa cour inviter la jeunessse :

Il veut que dun festin la pompe et lallégresseConfirment à leurs yeux la foi de nos serments,

Et réchauffent lardeur de nos embrassements.

Il éteint cet amour source de tant de haine ;

Il vous ait de mon sort arbitre souveraine.

Pour moi, quoique banni du rang de mes aïeux,Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux ;Depuis quà mon amour cessant dêtre contraireI! semble me céder la gloire de vous plaire,